l’Ovni « Under The Skin »


Depuis le 25 juin, Scarlett Johansson joue les extraterrestres pour le film de Jonathan Glazer. Film intriguant, critiques mitigées,… Super Bobine se devait d’aller voir Under The Skin pour se faire son propre avis…

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toutelaculture.com

Hué à sa projection au dernier festival de Venise, divisant les spectateurs, Under the Skin était le film de ce début d’été à découvrir. Déjà intrigant sur papier, le mystère persiste encore sur le grand écran. A la sortie du cinéma Under de Skin est vu comme un véritable OVNI, il dérange et intrigue. En effet, son réalisateur, Jonathan Glazer plonge le spectateur dans une oeuvre étrange et psychédélique…

Ce qui est sûr, c’est que Jonathan Glazer, qui a réalisé seuleument 3 films en 13 ans, a un univers propre à lui, où l’esthétique est mis en avant en mélangeant science-fiction, réalisme et documentaire. Il adapte le roman de Michel Faber en privilégiant l’univers mystérieux à l’histoire concrète. Under the skin raconte l’histoire d’une alien sous l’apparence d’une fille (Scarlett Johnsson) sillonnant les routes d’Ecosse, qui, à bord de son camion, séduit des hommes solitaires afin de les attirer jusqu’à une mystérieuse pièce noire où ses « proies » disparaissent dans un liquide qui ne retiendra alors que leur peau.

Dès les premières minutes du film, on s’attend déjà à un film glacial qui va immerger le spectateur dans un univers à part. Ce début marqué par l’arrivée de cette alien sur Terre laisse déjà le spectateur dans le flou… et ce n’est que le début ! Ce début et d’autres plans tout au long du film font beaucoup penser au cinéma de Kubrick. Par ce film Glazer s’impose alors comme l’un de ces cinéastes arty qui essaye de passer des messages à travers des plans expérimentaux et par un visuel captivant mais qui reste dans l’abstrait. Le spectateur est-il sensé voir des messages cachés derrière ?

Le réalisateur a utilisé des caméras cachées pour certains plans, filmant des passagers à leur insu, ce qui apporte une touche très réaliste au film qui est très intéressant. Quant à la musique, elle renforce cette atmosphère froide, avec des sons stridents et grondants qui viennent déranger le spectateur. De plus, les paysages écossais ne font que renforcer cet esprit lugubre du film et rend le spectateur mal à l’aise.

Le gros point positif est la prestation de l’envoûtante Scarlett Johnsson qui livre ici surement l’un de ces rôles le plus marquant. Sa performance est exceptionnelle, même avec peu de dialogue, elle réussit par sa seule gestuelle à faire passer l’étrangeté de cette alien. Son personnage apparaît comme un être sans émotion, programmé pour séduire et donc montrer la vulnérabilité des hommes, qui passe par le sexe. Très bien filmée, avec des plans rapprochés sur ces lèvres ou sur son regard, elle est ultra captivante et rend le film plus sexy. Le film devient plus intéressant quand elle va commencer à être intriguée par les humains et peut être commencer à ressentir des émotions, ce qui va vite se retourner contre elle. Puis il y a ce « mac alien », sous l’attrait d’un motard qui ne cesse de la surveiller pour contrôler ses faits et gestes qui aurait du être, à notre avis, plus approfondi par le réalisateur.

En bref, Under the Skin est ouvert à toutes interprétations, la séduisante Scarlett crève l’écran, les scènes de ce rituel de séduction glauque se répètent et rendent le film long, accentué par très peu de dialogues. C’est un film qui glace le spectateur, le rend dubitatif. Soit il plait beaucoup (les fans de 2001- l’Odyssée de l’espace y trouveront leur compte), soit il emmerde beaucoup.

Par Sophie Lalague

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