60 ans de l’abolition de la ségrégation aux USA – Le racisme et l’esclavage vus par les films


Il y a 60 ans, le 17 mai 1954, la ségrégation est déclarée non constitutionnelle aux Etats-Unis. Depuis quelques années, le cinéma s’intéresse très fortement à ce sujet, si bien qu’il devient récurant, parfois même au bord du cliché, mais néanmoins fondamentale dans un devoir de mémoire. Voici le top 8 des meilleurs films sur l’esclavage ou la ségrégation raciale américaine, sur Superbobine.

1)      La couleur des sentiments (The Help) – Tate Taylor, 2011

Réalisé par Tate Taylor, avec Emma Stone, Jessica Chastain et Viola Davis, ce film raconte l’histoire de plusieurs femmes de ménages noires dans une petite ville du Mississippi durant les années 60, qui décidèrent, avec la complicité d’une jeune femme blanche, d’écrire secrètement un livre pour dépeindre leur profession et les violences subies au quotidien. Adapté du Best-Seller de Kathryn Stockett, La couleur des sentiments est peut-être un des plus beaux films sur ce sujet, parce qu’il ne tombe jamais dans le cliché. Il montre le quotidien de ces femmes avec une précision et une tendresse qui ne peut que bouleverser. A voir absolument.

2)      12 Years a Slave – Steve McQueen, 2013

12 years a slave décrit la vie de Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, enlevé et vendu à tort comme esclave. Cette véritable pépite cinématographique prend le spectateur par la gorge, qui ne peut alors rester de marbre. Ce film grand public mais de qualité est mémorable de par son poignant récit, l’indiscutable talent du réalisateur Steve McQueen et l’interprétation des acteurs sans aucune fausse note.  

3)      Lincoln – Steven Spielberg, 2012

Lincoln n’est pas totalement un biopic puisqu’il ne se concentre que sur la période qui a permis au président des Etats-Unis d’abolir l’esclavage. Bien qu’un peu long, ce film très réaliste permet de bien comprendre les difficultés engendrées par Abraham Lincoln. C’est un récit incontournable sur un des faits les plus importants du 20ème siècle, porté par le talentueux Daniel Day-Lewis. A voir pour la dimension historique.

4)      Django Unchained – Quentin Tarantino, 2012

L’esclavage est ici montré de manière caricaturale et cabotine, comme le faisaient les films de « blaxploitation » dans les années 70. Le dernier Tarantino n’est donc pas à voir pour sa fidélité historique, mais est néanmoins une claque visuelle et musicale. Bien que jouant avec des sentiments très discutables comme l’envie de vengeance, ce film est un nouveau chef-d’œuvre du maître, puisque le but est très largement atteint : on jubile quand l’homme noir opprimé se venge de ses bourreaux, et on passe un excellent moment.

5)      American History X – Tony Kaye, 1998

Cette fois, ce film traite du racisme actuel aux Etats-Unis, tentant d’expliquer ses origines au sein d’une famille américaine. Film très dur et choquant, il apporte une nouvelle vision sur le sujet, montrant d’un côté le racisme anti-noir, mais aussi le racisme anti-blanc. Le film tient aussi un discours prêtant à débat, celui qu’un néo-nazi peut changer et se réintégrer dans la société. Un film subversif mais incontournable.

6)      Hurricane Carter – Norman Jewison, 2000

En 2000, Norman Jewison revenait sur l’affaire Carter, la condamnation d’un boxer professionnel pour un double meurtre qu’il n’a sans-doute jamais commis. Cette histoire a toujours passionné les américains, puisque de nombreux artistes comme Bob Dylan ont défendu Rubin Carter. Ici, l’argument majeur du film est de montrer que Carter a subit un acharnement personnel de la part de l’inspecteur Della Pesca qui, raciste, voulait tout faire pour voir Carter en prison, quitte à nier certains faits. Bien qu’enjolivant parfois la réalité pour montrer une image plus lisse d’« Hurricane » (ouragan, le surnom de Rubin Carter), ce film est à voir puisqu’il traite d’un sujet qui a vraiment existé aux Etats-Unis : les acharnements racistes sur des innocents.

7)      Dites-leur que je suis un homme – Joseph Sargent, 1999

Téléfilm plutôt méconnu, adapté du livre d’Ernest Gaines, Dites-leur que je suis un homme, traite lui aussi de la condamnation à tort d’un afro-américain. Nous y voyons les derniers mois d’un homme condamné à mort sans raison, à qui sa famille rend régulièrement visite afin de lui rappeler qu’il n’est pas un animal dénué de raison, mais qu’il est avant tout un humain digne. Très émouvant.

8)      Le majordome – Lee Daniels, 2013

Fresque historique sur la vie d’un majordome noir ayant travaillé à la Maison Banche pour huit présidents, Le majordome montre en toile de fond l’évolution de la société américaine entre 1952 et 1986. Nous y voyons donc l’oppression dont sont victimes les noirs, et ce film ne peut que révolter. Cependant, une réalisation un peu trop classique ne fait pas du film de Lee Daniels le chef-d’œuvre que l’on pouvait attendre.

Clément Corbiat.

 

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