Frédéric Schœndœrffer – « 96 HEURES » ou « la confrontation entre Steve McQueen et Hannibal Lecter »


Le 23 avril, Gérard Lanvin et Niels Arestrup débarquent une fois de plus dans vos salles de cinéma, le tout dans un même film, intitulé « 96 heures » : Rien de plus merveilleux ! Super Bobine comprend votre enthousiasme ainsi que votre excitation quant à l’idée de vous réfugier le temps du film – d’une durée de 96 minutes très précisément – dans ce superbe endroit fait de popcorn et…. d’obscurité. Mais avant cela, il est préférable pour vous de lire ces quelques phrases ci-dessous, qui n’auraient pu voir le jour sans la rencontre avec le réalisateur du film, Frédéric Schoendoeffer.

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Synopsis : Carré est le patron de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme). 3 ans plus tôt, il a fait tomber un grand truand, Kancel. Aujourd’hui, à la faveur d’une extraction, Kancel kidnappe le flic. Il a 96 heures pour lui soutirer une seule information : savoir qui l’a balancé.

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Le film de gros loubards et de flics en tous genres, Frédéric Schoendoeffer les connait bien, puisqu’il  n’en est pas à son premier coup d’essai ! Après avoir travaillé sur scènes de crimes, agents secrets, truands, MR 73 mais encore Braquo ou Switch, le cinéaste revient en tant que réalisateur avec une nouvelle histoire policière, celle de 96 heures. Autant dire tout de suite que le film policier, il en a fait sa spécialité, non ? Le réalisateur l’explique tout simplement par le fait qu’il « aime ce cinéma-là », passant ses semaines à aller voir des films de cette catégorie lorsqu’il avait 14 voire 15 ans. A cette époque, le film de genre l’a tout autant influencé : « il y a dans le cinéma de genre, cette idée que le cinéma doit être un divertissement », pouvant faire de la sociologie.  « Il y a ce côté main-tendue vers le public » qui le fascinait, ce qui lui a donné envie de reproduire ceci lorsqu’il a débuté dans le septième art.

96 heures était par ailleurs l’occasion pour le cinéaste de tenter de construire un film divertissant, avec de la tension et dont tous les codes présents dans l’œuvre n’ont pas été vus et revus, puis re-revus, puis re-re-revus…. Bref, vous avez compris ! Cette opportunité tient sans doute grâce à son scénario « très original » qui a tout de suite touché notre cher Frédéric Schoendoeffer, surtout par « l’idée de la garde à vue à l’envers ». D’autant plus que 96 heures est un huis-clos… ou plutôt un « presque » huis-clos ! Mais pourquoi donc ne pas avoir fait un huis-clos en entier, bon sang de bonsoir ? Parce que le scénario fonctionnait très bien ainsi, pardi !

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Niels Arestrup dans « 96 heures »

Source image : filmosphere.com 

Et les acteurs ?! Parlons-en des acteurs ! Le réalisateur n’hésite pas à évoquer le fait que ce sont deux acteurs de la même génération qui ne se sont pourtant jamais rencontrés sur un plateau de tournage mais ayant une grande admiration l’un l’autre, et une formidable envie de travailler ensemble. Il dépeint par ailleurs Niels Arestrup comme un « immense acteur, un personnage hors du commun ». Niels Arestrup donne un sentiment de dangerosité, « un peu comme un tigre qui marche très lentement », dont on ne sait pas ce qu’il va bien pouvoir nous faire : « son personnage a un côté obsessionnel ». Frédéric Schoendoeffer décrit Gérard Lanvin comme incarnant un personnage tout en retenue, une sorte de « joueur d’échec ». Dès le début du casting, l’acteur était une évidence tandis que Niels Arestrup une excellente idée, permettant alors au film d’être doté d’un duo pouvant faire des étincelles. Bref, pour le cinéaste, cela ne fait aucun doute : Niels et Gérard incarnent « la confrontation entre Steve McQueen et Hannibal Lecter », comme il aimait le répéter lors du tournage.

Mais assez parlé du film ! Qu’en est-il des projets du réalisateur, après l’aventure de « 96 heures » ?  Frédéric Schoendoeffer nous affirme qu’il ne réalisera pas un film policier mais un film sur les voyous, tout en évoquant le souhait de faire dans les prochaines années un film d’amour, de guerre, voire une comédie. Super Bobine espère ainsi que son vœu puisse se réaliser, mais aussi que son œuvre « 96 heures » rencontre le succès… ce qui serait très amplement mérité.

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FILMS NOTABLES

Niels Arestrup a joué dans De Battre Mon Coeur S’est Arrété (2005), le Scaphandre et le Papillon (2006),  Un Prophète (2007), Elle s’appelait Sarah (2010), L’Homme Qui Voulait Vivre Sa Vie (2010), Cheval de Guerre (2011), Quai D’Orsay (2013), Diplomatie (2014).

Gérard Lanvin a joué dans Marche à l’Ombre (1984), Les Spécialistes (1985), La  Belle Histoire (1992), Le Boulet (2002), 3 zéros (2002), Camping (2006), Le Prix à Payer (2007), Mesrine : l’ennemi Public Numéro Un (2008), Envoyés très Spéciaux (2009), A Bout Portant (2010), Le Fils à Jo (2011), Les Lyonnais (2011).

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Par Yohann Sed

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