LE VISIONNAIRE «  HER » : QUAND LA FICTION INVITE à LA REFLEXION


Ayant remporté un certain nombre de trophées récompensant son scénario à travers le monde, Her était sans nul doute LE film à voir absolument en ce mois de Mars 2014. Super Bobine s’est alors empressé dans le cinéma le plus proche pour se faire enfin un petit avis sur ce film bien intriguant… et soi-disant bluffant.

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Présenté comme une histoire d’amour entre un homme et son ordinateur, Her pourrait paraitre à première vue comme un film quelque peu glauque, poussant l’originalité à la limite du raisonnable. Mais il n’en est rien de tout cela : tout est bien plus subtil. Imaginez-vous donc dans un futur proche, très proche. 2030 par exemple. Le numérique est présent en permanence dans notre vie, et le progrès fait des étincelles. L’invention du système d’exploitation d’ordinateur OS est une révolution : il a de la conversation, une conscience. Permettant au virtuel d’être au plus près du réel. Et faire en sorte que ces deux mondes ne fassent – presque – plus qu’un. C’est ce dont traite l’œuvre de Spike Jonze, par le biais d’un personnage incarné par Joaquim Phoenix, faisant la rencontre de cette incroyable invention, de cet étrange individu ; voix de Scarlett Johansson.

Suivant l’évolution de la relation entre l’homme et la machine, le spectateur se rend compte que l’histoire fait preuve d’une créativité débordante de la part du réalisateur-scénariste mais surtout d’une originalité percutante. L’histoire est tellement bien traitée et pensée, que le spectateur se sent obligé de plonger dans un vaste champ de réflexions. Chaque minute présente une situation ayant son lot de thèmes idéals pour philosopher sur l’évolution du numérique et la place que celui-ci prend dans notre quotidien, réfléchir sur les relations entre les hommes eux-mêmes, se rendre-compte des dangers et des limites d’un programme synonyme de progrès à la fois bluffant et déstabilisant. Parallèlement à cela, l’histoire est imprégnée d’une finesse dans les dialogues, à la fois accrocheurs et essentiels quant à l’évolution du récit. Récit qui contient par ailleurs son flot de rebondissements, attisant la curiosité et l’étonnement du spectateur loin d’être ennuyé. Her mérite donc ses prix récompensant son scénario.

Mais fort heureusement, Her ne tient pas qu’à la puissance de son scénario, mais aussi par ce que le réalisateur nous donne à VOIR. Son futur proche est ultra-réaliste : pas de vulgaires soucoupes volantes circulant en arrière-plan ou d’objets bien trop fictifs pour être réalistes. Ici, le spectateur est ébahi par le côté très épuré de cet univers coloré, dans la continuité et la proximité de notre présent, donnant alors à son histoire et son environnement une touche encore plus frappante de crédibilité.

Tous ces éléments font alors de ce film une œuvre efficace, réussie, mais surtout un film-concept ; dévoilant une fois de plus que l’art reste avant tout le moyen pour déployer tout un vaste champ d’imagination mêlé à un sens abouti de la réflexion et aiguisé de la recherche, permettant à celui qui le comprend de prendre son pied.

Super Bobine ne peut donc que vous supplier de voir « Her ». Vous serez admirés et choqués par les progrès du numérique, vous serez émus et troublés par cette histoire. Un véritable coup de cœur pour ce film visionnaire.

 

Par Yohann Sed

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