La lettre d’amour de Pharrell: G I R L


Il était impossible de passer à côté du phénomène Pharrell depuis quelques mois. Multipliant les collaborations (pour ne pas citer l’horrible Blurred Lines avec Robin Thicke ou le très commercial Get Lucky aux côtés des « Robots »), l’enfant terrible originaire de Virginia Beach sort son deuxième album solo intitulé GIRL.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas le bonhomme, Pharrell c’est avant tout un producteur reconnu par ses pairs jouant dans la cour des grands aux côtés de Timbaland, Rick Rubin et Mark Ronson. Quand il n’est pas derrière les platines à la créa c’est avec le groupe NERD qu’il évolue scéniquement avec à son actif quatre albums reflétant l’esprit de son label The Neptunes. Ces collaborations sont aussi innombrables qu’éclectiques (Britney Spears, Jay Z, Frank Ocean, Nelly Furtado, Tyler the Creator).

Là nous sommes très loin de In My Mind sorti en 2006, album plus urbain avec des feats essentiellement issu du milieu hip hop. GIRL se veut festif mais avant tout un hommage à la femme. Pharrell revoit le répertoire de la musique noire américaine à sa sauce. Le skeud se veut dynamique et efficace et nous n’avons pas grand chose à redire sur l’orchestration bien ficelée. Les fans d’avant l’heure seront terriblement déçus car il y a comme qui dirait un air de réchauffé. En tant normal le mélange funk pop et soul fonctionne à merveille mais on ne peut s’empêcher de penser que l’artiste s’est assis grassement sur ses acquis en nous proposant rien de bien nouveau dans la sphère musicale.

L’album commence sous une jolie symphonie de violons rappelant sans surprise les airs des grands succès du roi de la pop, nous retenons notre souffle et la c’est plutôt l’effet du bon soufflé au fromage de mémé ; notre excitation redescend aussi sec. L’album est disparate et n’est qu’une copie du passable Random Access Memories de Daft Punk. Si sa démarche était de nous sortir une bonne galette commerciale les amateurs seront servis. Une petite brochette d’invités vient taper l’incrust tant bien que mal au côté du monsieur. On remarque Brand New avec Justin Timberlake sauvé par le jeu de trompettes funky. La présence de Miley Cyrus sur Come Get It Bae est des plus hasardeuses. La guitare funk est persistante tout au long du voyage auditif jusqu’à l’écoeurement, merci à Nile Rodgers pour la redécouverte ^^. Sur Hunter nous sommes un peu désappointés car l’artiste semble singer les mimiques vocales de Michael Jackson.

Au final, une désillusion  qui n’est que la suite sans saveurs d’un coup marketing trop prévisible. A la limite, la seule prod’ retenue est celui que nous connaissons tous : Happy. Pharrell, à quand l’album de la maturité ?

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