Spleen


Il y a quelques jours, un artiste a crée le buzz sur la toile et même dans les médias en participant au concours de télé-crochet The Voice. Pour ceux ou celles qui débarquent il s’agit d’un jeune homme aux cheveux tentaculaires et à la voix excentrique : Spleen.

Spleen n’est pas un nouveau dans le paysage musical puisqu’il surfe dans le milieu depuis 2005, oui mes chers lecteurs près d’une dizaine d’années. Spleen né Pascal Oyong-Oly est un artiste français d’origine camerounaise. A la fois rappeur, compositeur, interprète, beat-boxeur il s’intéresse à un grand nombre d’univers musicaux. C’est en 2005 que sa carrière démarre lorsqu’il remporte le concours CQFD des Inrocks. Sollicité par les labels, il refuse cependant de signer et sort son premier skeud She was a Girl,  album auto-produit sous son propre label Black & White Skin.

Le second album Comme un enfant sort en 2008 chez Universal. On retrouve des influences similaires au premier album mais on sent la maturité de monsieur avec un travail plus abouti. Comme un enfant paraît d’apparence un skeud de R’n’b des plus classiques mais en s’y penchant un peu plus on retrouve des sonorités Pop, Soul et même Folk. Il commence par des chuchotements de mots tendres sur Amour, passe part un tiraillement et un énervement pimenté d’accents rap sur Tu l’aimeras et nous arrose de sonorités jazzy pop sur Junk Food. Les visuels sont d’ailleurs réalisés par l’artiste lui même. On notera la présence d’artiste comme Cocorosie, Yaël Naim et Pauline Croze.

En Automne 2013, il sort Voices album toujours produit sous son label et financé par les internautes par le biais de la plate-forme MyMajorCompagny. Ce nouveau projet acappella regroupe des morceaux bien catchy comme Gotta, Angel ou encore l’énigmatique Feel Sorry. A la fois émouvant, authentique et hypnotisant, Voices nous dévoile une des multitudes facette de l’artiste. Avec un album de 22 pistes dont les ¾ écrites en anglais, je ne serais pas étonnée qu’on entende parler de Spleen de l’autre côté de l’Atlantique.


Pour revenir au buzz, certains le découvrent comme une personne au talent fou, d’autres pensent que c’est un canular de la production et certaines personnes comme moi on été déconcertées de voir un tel personnage dans une émission ou se produisent des chanteur de karaoké, coacher par des artistes dépassés. Et voilà qu’il monte sur scène en interprétant une reprise de Britney Spears, reprise qu’il a d’ailleurs chanté aux côtés de Cocorosie. J’étais abasourdie de voir  Spleen  monter sur scène sans qu’aucun des coachs ne le reconnaisse. C’est assez  représentatif d’une industrie musicale sans richesse et du manque d’ouverture des artistes eux-mêmes.

Vous serez surpris d’apprendre que tout ceci n’était qu’en fait une promo « cachée » de l’artiste pour son label. Il annonce un peu plus tard sur le site de crowdfunding MyMajorCompagny, je cite :

« Si vous m’avez aimé dans The Voice, aidez moi à faire connaitre d’autres talents indépendants en soutenant mon label The Black and White Skins. http://theblackandwhiteskins.com »

Pour conclure on applaudira malgré tout l’artiste pour sa stratégie étant donné qu’il a manqué de visibilité ces dernières années et surtout pour l’ensemble de son travail. Espérons tout de même qu’il ne tournera pas le dos à la France comme ces artistes français expatriés en Amérique du Nord.

Par Norvaa

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