« Situation amoureuse : c’est compliqué » – Un très bon premier film pour Manu Payet !


Nombreux sont les acteurs qui, par envie débordante, décident un jour de passer derrière la caméra. Ce pari pas toujours réussi laisse heureusement parfois place à de jolies surprises. C’est le cas de Situation Amoureuse : c’est compliqué, de et avec Manu Payet, qui a déjà remporté le grand prix du festival de l’Alpe d’Huez. Pour se lancer dans cette aventure, il s’est associé à Rodolphe Lauga, lui aussi novice dans la réalisation d’un long-métrage, mais bénéficiant d’une énorme expérience dans le cinéma puisqu’il fut cadreur sur beaucoup de films français (notamment ceux de Guillaume Canet).

Photo Pathé

C’est l’histoire d’un mec … paumé.

Pour son premier film, Manu Payet a décidé de faire du Manu Payet, puisque l’on retrouve une fois de plus ce personnage de trentenaire un peu paumé mais très attachant. Dans Situation Amoureuse : c’est compliqué, son personnage de Julien est sur le point de se marier, mais c’est à ce moment-là qu’il revoit, 15 ans après, son fantasme du lycée, celle qui ne voulut jamais de lui. S’ensuit donc une lutte intérieure, puisqu’il doit choisir entre son mariage et son fantasme.

Cette histoire plutôt classique pour une comédie a un énorme avantage : elle est traitée par Manu Payet ! Dès les premiers mots du film, dès les premières situations, le spectateur sait où il va, dans un univers parfois absurde, où les dialogues ciselés font mouche.

Entre gros gags et finesse

La force de ce film réside aussi bien dans certains « gros gags » bien amenés, que dans de simples tournures de phrases. Cet humour plus fin – certainement plus difficile à faire – donne lieu à des situations cocasses, parce que les personnages sont au premier degré. Ils discutent entre eux de manière très réaliste, et lorsqu’ils sortent en fin de phrase un mot ou une expression inhabituelle, le spectateur rit à gros éclats, puisque nous avons face à nous personnages qui croîent en ce qu’ils disent, ce qui renforce donc l’absurde.

Photo Tout le ciné.com

Quand on réalise un premier film, il n’est pas toujours évident de trouver le bon rythme, et une première comédie peut alors ressembler à un amas de scènes drôles, sans réelle cohérence. Ici, Manu Payet a réussi à se faire succéder des moments très drôles et des scènes plus tendres, parfois émouvantes. La réalisation est plutôt intéressante, puisque le duo de réalisateur a laissé libre court à son imagination, nous proposant alors des scènes parfois longues mais pas ennuyeuses, où nous sommes comme plongé dans l’imaginaire du héros.

Certains pourront pointer du doigt un défaut, qui n’en est en fait pas un : comme tout premier film, il est habité par une fougue, et l’on sent que Manu Payet livre ici tout ce qu’il aime en matière d’humour, sans se priver. A partir de là, si on aime son univers on ne peut qu’apprécier ce film, car c’est effectivement du « Payet 100% pur jus ».

Un film collégial

Il est aussi important de noter que si ce film est aussi drôle, c’est que, outre le personnage principal, de nombreux seconds rôles tous plus barrés les uns que les autres ont une place importante. Le film devient alors d’une certaine façon collégiale, ce qui lui permet de ne pas s’essouffler. Soulignons donc les performances tout en finesse d’Anaïs Demoustier (notre interview ICI), qui joue ici une de ses toutes premières comédies, et d’Emmanuelle Chriqui, avec son ravissant accent anglais. Enfin, une folie supplémentaire est apportée grâce aux talents complètement surréalistes de Jean-François Cayrey en « meilleur-pote relou mais attachant » et de Philippe Duquesne en beau-père « psychopathe ».

Je ne peux donc que vous encourager à aller voir cette bonne comédie, où les personnages hauts en couleurs et les très bons dialogues vous feront passer un très bon moment.

Clément Corbiat

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