« American Bluff » – Des acteurs qui n’ont pas peur du ridicule !


La bande annonce ne donnait aucune information de ce qu’allait bien pouvoir nous raconter David O. Russel dans American Bluff si ce n’est une histoire très « Seventies » entremêlant folie, décadence. Le tout porté par des acteurs-travestis qui ont enfilé leurs plus beaux costumes ! Sorti en salles le 5 février, Super Bobine peut enfin vous donner son avis sur ce film nominé dix fois aux Oscar…

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Tiré d’une histoire vraie – mais tout de même quelque peu romancée – American Bluff est le récit de deux arnaqueurs œuvrant dans le domaine de l’art, à savoir Christian Bale et sa coéquipière Amy Adams. Arrétés par un agent du FBI qui n’est autre que Bradley Cooper, nos deux arnaqueurs doivent passer un pacte avec celui-ci afin d’éviter la prison, dont le but est de faire tomber un homme politique corrompu. Mais la mission prend très vite une autre ampleur, faisant rentrer en scène la grande mafia et des personnages très hauts placés. Ainsi, le but d’American Bluff est de nous montrer par quels moyens le trio incarné par Adams, Bale et Cooper tentent d’accomplir cette mission, au beau milieu de manigances de toutes sortes.

David O. Russell nous dévoile une œuvre dont l’ambiance des Seventies claque aux oreilles, tout en affirmant que le ridicule ne tue pas ! Le réalisateur n’hésite donc pas à mettre en scène des personnages sortis tout droit de l’Amérique de Jimmy Carter, souvent dépassés par la mission qui leur est confiée, et dont le seul jeu de domination semble les impulser : un agent du FBI imposant ses décisions à son propre patron jusqu’à en venir aux mains, la femme fatale passant d’un camp à un autre pour revenir au camp initial, sans oublier l’épouse dépressive qui n’hésite pas à compliquer quelque peu la situation de son mari-arnaqueur. Bref’, des personnages quelque peu névrosés aux caractères égocentriques et excentriques, se retrouvant au beau milieu de situations grotesques ! Fort est alors de constater que les répliques d’anthologie fusent dans cet enchainement hilarant de disputes plus ou moins pétaradantes et ses quelques instants de folie. Un film qui monte en crescendo, notamment grâce à l’exploitation dosée des comiques de répétition et de situation.

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Mais il serait blasphématoire de ne dire que du bien d’ « American Bluff ». bien avant que le spectateur ne s’étonne à rire devant les situations cocasses que le film lui offre, il passe un long moment à regarder sa montre. Une fois, deux fois, trois fois. Tout en constatant qu’American Bluff n’est qu’une vaste pataugeoire qui prends du temps – trop de temps ! – à planter le décor, nous dévoiler un enchainement de présentations fades de chaque personnage. Et malgré une seconde partie qui rattrape son ensemble, American Bluff présente un scénario à rallonge, en somme quelque peu faiblard.

C’est alors qu’une question ô combien passionnante se pose : que doit-on en penser de ce film ? Après une heure passée à s’ennuyer de pied ferme, le spectateur se trouve embarqué au milieu de moments pleins de drôlerie. Et si le film tient plutôt bien la route, c’est avant tout grâce aux acteurs tous aussi bluffants que les autres. Des grosses pointures du cinéma hollywoodien aux simples acteurs de second (voire troisième !) rôle, tout le monde apporte sa fraicheur et pour offrir des prestations de qualité. Honneur à l’épatante Jennifer Lawrence et au surprenant Bradley Cooper. Les acteurs font décoller le film, c’est indéniable.

« American Bluff » bluffe le spectateur : témoin d’un enchainement de scènes fades et peu captivantes dans la  première moitié du film, il garde pourtant d’ « American Bluff » les répliques cinglantes et les quelques situations rocambolesques, portées par des acteurs en pleine forme qui n’hésitent pas à faire de leurs personnages des experts du ridicule… et du divertissement. 

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