Supercondriaque – Le film de la maturité pour Dany Boon


Quatrième film de Dany Boon en tant que réalisateur, Supercondriaque sort le 26 février. Le trublion du Nord nous livre ici son oeuvre la plus aboutie, le fameux film « de la maturité ».

 

Source L’internaute

La peur du navet de trop

Dany Boon restera dans l’histoire du cinéma français comme le réalisateur d’un des plus grands succès populaires de tous les temps, Bienvenu chez les Ch’tis pour ne pas le nommer.
Pourtant, et malgré l’image très sympathique dont il jouit auprès du public, ses films sont souvent attendus avec crainte et réticence par la critique. Si avec Rien à déclarer, une certaine baisse de régime était à signaler, c’est avec « Le volcan » qu’il connut, l’an dernier, son premier échec cuisant.

La « Boon mania » que l’on connait depuis 2008 serait-elle alors en passe de s’effondrer ? Pas si l’on en croit le box-office, puisque même avec un mauvais film, son nom suffit à remplir les salles, c’est désormais une marque solide, un gage de réussite. Mais le public n’est pas dupe, s’il ne rit plus, il ne viendra plus.

C’est dire si Supercondriaque est un film attendu, avec la peur du « navet de trop ». Oui mais voilà, ce film est drôle, très drôle.

L’hypocondrie comme prétexte

Source Unifrance Films

Le postulat de départ est de suivre un hypocondriaque (Dany Boon), ses déboires et ses relations avec les autres. Il entretient une « amitié » particulière avec son médecin traitant (Kad Merad),  puisqu’il s’y rend tous les jours depuis près de 20 ans. Le médecin veut se débarrasser de ce patient intrusif, mais l’affection qu’il a pour lui – n’oublions pas que la majorité de son salaire provient de ce « malade imaginaire » – l’oblige à l’aider plutôt qu’à le blâmer. Ainsi, il décide de lui trouver une conjointe, se disant qu’avec une femme dans sa vie, il le laissera enfin en paix.

L’hypocondrie n’est en réalité qu’un prétexte pour Dany Boon, lui permettant de laisser libre cours à son imagination, ne se fixant aucune limite. Supercondriaque part donc dans tous les sens, cumulant absurde, humour noir, gags visuels ou jeux de mots, et offrant au public une flopée de scène vouées à rester cultes.

De vrais fou-rires

Si le film est si drôle, c’est en partie grâce à cette folie que Dany Boon avait du mal à transposer au cinéma. Ceux qui l’ont déjà vu sur scène savent qu’il a un univers à lui, une folie qui lui est propre, l’amenant par exemple à faire un sketch sur un homme ayant adopté un chien, qu’il avait pris pour un enfant ! Sur scène, Dany Boon se lâche, alors pourquoi nous a t-il habitué au cinéma à un humour plus « propre », parfois plus convenu ?
Ici, les gags sont poussés jusqu’au bout, les scènes sont étirées dans toutes leur possibilités, nous présentant alors des situations parfois tragiques, en tout cas souvent catastrophique. Mais c’est pour ça que nous rions, car rien n’est plus drôle que le malheur, quand il est tourné en dérision.

Alice Pol, l’étoile montante

Source Allociné

Un bon film, c’est souvent celui qui crée la surprise. Ici, une jeune actrice crève l’écran. Il s’agit d’Alice Pol, qui incarne une militante hébergeant des réfugiés clandestins, et qui va prendre le personnage de Dany Boon pour l’un d’eux. Elle apporte la fraicheur et la candeur qui permettent au film d’être toujours surprenant, de ne jamais tomber dans une comédie qui se veut romantique, et qui sonne alors affreusement fausse.

Bien sûr, certains rouages très connus sont présents, comme cette histoire d’amour qui démarre mal, mais que l’on sait promise à la réussite. Mais quand le film est drôle, quand il regorge de bonnes trouvailles et qu’il est porté par une folie géniale, par des situations improbables, cet air de déjà vu est rapidement effacé. D’autant plus qu’il faudrait être de mauvaise foi pour oser prétendre que ce genre de film a été fait mille fois. Oui, il a les codes de la comédie, mais comme il est un amas de scènes et de gags tous différents les uns des autres, Supercondriaque a parfois des allures d’ovni (objet visuel non identifié, bien entendu). Mêlant les genres (comédie, comédie romantique, action, aventure) il ne peut nous laisser sur notre faim.

Supercondriaque est donc une réelle bonne surprise, un film vraiment drôle qui promet son lot de fou-rires. Porté par des acteurs sympathiques au potentiel comique énorme, il est de ceux qui permettent à coup sûr de passer un bon moment.

Clément Corbiat, 7 Février 2014

 

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