Stan, l’autre suisse


« And even if I could it’ll all be gray but your picture on my wall it reminds me, that it’s not so bad, it’s not so bad ». 

Pour sa première finale dans un tournoi du Grand Chelem, Stanislas Wawrinka était opposé à Rafael Nadal, bourreau des suisses. L’espagnol, qui a battu Roger Federer en demi-finale enlève le rêve d’une finale 100% suisse pour la première fois de l’histoire du tennis. Nadal reste sur 5 victoires consécutives sur Federer mais surtout sur 12 victoires contre Wawrinka, l’autre suisse. Le dernier face à face entre les deux joueurs remonte à novembre dernier, c’était à Londres dans le cadre du Masters.

Wawrinka, l’éloge de la patience

Les chiffres parlaient plus en faveur de Nadal avant son entrée sur la Rod Laver Arena : 18 finales en Grand Chelem pour l’espagnol (dont 13 gagnées) contre aucune pour Wawrinka, une place de numéro un mondial et donc un statut de grandissime favori. D’autant plus plus que son niveau de jeu depuis le début de l’année est exceptionnel, il remporté le premier tournoi de l’année à Doha et n’a concédé qu’un seul set depuis le début de la quinzaine. Mais voilà, face à lui certes un néophyte des finales en Grand Chelem, mais Stanislas Wawrinka joue, depuis un an le meilleur tennis de sa carrière. Sa progression est fulgurante, après son exceptionnel huitième de finale perdu face à Djokovic, il enchaîne les bonnes performances dans les Masters 1000 et les autres tournois du Grand Chelem. Après une bonne saison sur terre battue, il est quart de finaliste Porte d’Auteuil, puis nous livre un été exceptionnel en atteignant pour la première fois une demi-finale en Grand Chelem du côté de Flushing Meadows. Sa saison, constante lui a permis de rentrer dans le top 8 et donc d’assurer une place pour le Masters de Londres où il atteint la demi-finale. Mais reste encore dans l’ombre de Roger Federer.

Open d’Australie : Wawrinka, l’impossible exploit ?

« Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better » 

« Je suis frustré, car j’aurais pu le battreOn peut dire que ce n’était qu’une défaite de plus face à lui. Mais ce que je constate, c’est que je poursuis ma progression. J’ai trouvé d’autres solutions pour le contrer » livre-t-il au journal La Tribune de Genève après sa défaite à Londres face à Nadal. Le travail hivernal qu’il a mené avec son entraîneur Magnus Norman (finaliste à Roland Garros en 2000) lui a permis d’élever son niveau en ce début d’année. Empochant le tournoi de Chennai en Inde, il arrive à l’Open d’Australie avec le plein de confiance et livre de gros matchs à Melbourne. Point d’orgue de sa quinzaine australe, son quart de finale gagné face à Djokovic. Cette victoire, acquise, plus rien ne pouvait l’empêcher de gagner son premier tournoi du Grand Chelem. Ni Tomas Berdych en demie ni Nadal en finale n’ont eût raison du Suisse.  

Nadal en finale un gâteau empoisonné ?

Tombeur du solide Tomas Berdych en demi-finale en quatre manches jeudi dernier, Stan a eût le redoutable honneur de jouer sa première finale d’un Grand Chelem face à ce qui se fait de mieux en matière. L’espagnol est un habitué de ces grands rendez-vous et aime les jouer. Mais voilà, c’est à Melbourne où il a le moins souvent brillé. Il n’a pas pu disputer ce tournoi l’an dernier alors qu’il restait sur une finale perdue face à Djokovic. Ses statistiques ne sont pas formidables : il est contraint d’abandonner son quart de finale face à Andy Murray en 2010 alors qu’il était tenant du titre. L’année suivante, il se fait éliminer par son compatriote David Ferrer au même stade de la compétition. Les chiffres ne parlent pas en faveur de l’espagnol. Mais voilà, c’est Nadal et c’est une finale de Grand Chelem. Celui qui en a disputé 18 dans sa carrière rentre sur le court dans la peau du favori. En plus de sa première place mondiale, c’est surtout un record qu’il veut égaliser, celui de Pete Sampras et ses 14 titres du Grand Chelem.

Stanislas Wawrinka peut lever les bras : il va soulever pour la première fois le trophée d'un Grand Chelem. (Reuters)

Fluctuat nec mergitur

L’espagnol est pris, couteau sous la gorge. Stanislas joue vite, prends la balle très tôt et abrège les échanges  Il évite de se lancer dans une filière de longs échanges où l’espagnol est, on le sait plus à l’aise. Il joue bien et peut s’appuyer sur un solide première balle de service et un revers extrêmement performant. Mais Nadal se blesse dans la seconde manche. Un time out médical intervient où Stanislas Wawrinka s’en prend à l’arbitre qui prétexte ne pas l’avoir prévenu du motif de la manipulation. L’espagnol, sous pression et affaibli et se retrouve mené 2 manches à rien. Ne pouvant plus ni se déplacer ni servir, on pensais qu’il finirai par abandonner, mais ce mot ne fait pas du ressort de l’espagnol. Déterminé, il ne souhaite pas offrir le premier titre du Grand Chelem à Wawrinka sur un forfait. Comme à son habitude, il se bat et donne le peu qu’il à. C’est à ce moment là que le suisse décide de sortir de sa bulle et perd le 3ème set à la surprise générale. Début de quatrième manche, son service lui fait défaut et à 3 balles de break à sauver d’emblée. Conscient que ce match en doit pas lui échapper, il retrouve sa qualité de premières et surtout son niveau de jeu de début de match, Nadal affaiblit plie mais ne rompt pas et finit par s’incliner en un peu plus de 2 heures. Wawrinka empoche son premier Grand Chelem après avoir battu les numéros un et deux mondiaux, un exploit qui n’était plus arrivé depuis 1993. Au-delà de ce sacre, il devient numéro 3 mondial et numéro un suisse dépassant son compatriote le génie bâlois. 

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