« les brasiers de la colère » – casting quatre étoiles pour un récit sans saveur


Nous sommes en 2007. Dans un quartier ouvrier imprégné par la misère, nous faisons la connaissance de Russell Baze – honnête homme travaillant dans une scierie – ainsi que son frère Rodney qui décide de partir en Irak, pensant qu’il en ressortira grandi. A son retour, brisé émotionnellement et endetté jusqu’au cou, Rodney s’engage dans des combats de boxe et fait affaire avec le vicieux et non moins violent Harlan deGroat. Russell va alors tout faire pour aider son frère…

Casey AFFle

Le synopsis ainsi que la bande-annonce laissent présager un film de contestation traitant des ravages de la guerre sur le plan aussi bien physique que psychologique et sur cette Amérique profonde, miséreuse, dont il est difficile de s’en sortir. C’est en effet ce dont traite « les brasiers de la colère », film moyen que l’on oublie vite. Très vite. 

Effectivement, le spectateur réalise rapidement que « les brasiers de la colère » est un film d’un académisme certain, où le réalisateur ne prend aucun risque : aucune originalité dans son film, tant dans la mise en scène que dans le scénario quelque peu limité. Une histoire qui manque de profondeur, évoquant timidement des thèmes comme l’impact psychologique de la guerre sur les hommes ou l’Amérique miséreuse dont l’approche ne donne aucune nouveauté, mais nous rappelle tout simplement que des films d’antan ont évoqué ces problèmes de société avec brio et audace, contrairement à ce long-métrage. Ici, il est plutôt question d’un déballage des plus fameux codes présents dans la plupart des films hollywoodiens, dont le but est de n’offrir au spectateur que du divertissement sans grande valeur imprégné d’un faux-semblant de profondeur, et rien de plus : les techniques usées pour faire naitre une émotion à deux balles, ou bien le suspense ou la frustration, le tout couronné par une fin prévisible et ultra-consensuelle pour donner raison au spectateur et ne pas trop le brusquer.

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Mais le spectateur n’est pas dupe, et ne se laisse en aucun cas emporter dans ce récit qui manque de souffle, et dont les maladresses sont évidentes. D’autant plus que « les brasiers de la colère » manque de colère justement. La scène d’ouverture – malgré ses défauts – laissait présager un film bourré d’adrénaline, mais le spectateur se rend compte qu’il n’en est rien : trop de longueurs pour un récit qui demande une certaine dose d’action, de violence. Il n’est pas sans rappeler que le point de départ était cependant une bonne idée – un honnête homme vivant dans la misère et essayant de mettre un terme à la délinquance de son frère – mais la suite est mal exploitée et il est clairement évident que le film aurait mérité un travail plus approfondi en ce qui concerne la psychologie des personnages afin de faire naitre l’effet mais aussi le message recherché.

Ainsi, le spectateur ne peut faire que la constatation suivante : « les brasiers de la colère » tient surtout grâce à son casting de haut vol : Christian Bale, Forest Whitaker et William Dafoe sont fidèles à eux-mêmes (le spectateur leur reprochera cependant de ne pas jouer dans de meilleurs films que celui-ci !), quant à Woody Harrelson, ce serait de mauvaise foi de ne pas avouer qu’il est une véritable gueule du cinéma, dans ce rôle taillé sur mesure. Il faut aussi reconnaitre que la noirceur ainsi que l’atmosphère âpre qui se dégagent de ce film sont des éléments plus que positifs. Mais cela ne suffit pas pour faire des « brasiers de la colère » une excellente œuvre cinématographique.

Les brasiers de la colère est donc un récit monotone pourtant porté par un casting quatre étoiles. Souffrant d’un manque de profondeur, ce film n’offre rien d’inédit tant dans sa réalisation que dans les sujets abordés.  

Par Yohann Sed

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