« American Beauty », un pavé dans la marre


Je vais aujourd’hui vous parler du film anti happy-end par excellence : American Beauty.

En vous disant ici que le film finit mal, je ne vous dévoile en rien le dénouement de cette œuvre, car elle démarre justement par le drame final.american-beauty-1999-02-g

Un film cyclique :

Quoi de plus déconcertant au cinéma qu’une happy-end ? Quoi de plus irritant qu’un film qui se clos par le sauvetage miracle d’un héros chauve en débardeur, qui court derrière une explosion ?

Le cinéma est fait pour créer quelque chose, pour nous surprendre. C’est à cause des films sans surprise (et donc des happy-end) , que l’on entend souvent dire que regarder des films est abrutissant, contrairement à la lecture qui, elle, fait travailler l’esprit.

C’est effectivement le cas si on subit le film, si on le regarde sans aucun effort de la pensée. Mais si on le vit, si on l’aborde justement comme un livre, c’est-à-dire en faisant travailler notre imaginaire, son apport sera tout autre. (Je ne critique ici en rien les films populaires et les divertissements, qui font partis des ¾ de ma vidéothèque, et qui apportent alors un autre élément tout aussi fondamental : nous faire passer un bon moment, nous distraire.)

Dans American Beauty, la notion d’anti happy-end est poussée à son paroxysme, puisque le film s’ouvre sur les mots du personnage principal annonçant qu’il est mort. Le film est donc cyclique, puisque à la fin, on revient au point de départ. Cette audace est à l’image de tous le film : provocant et mordant.

Synopsis :

Le réalisateur Sam Mendes (dont c’est le premier film) nous décrit la vie quotidienne de la famille Burnham, qui vue de l’extérieur semble parfaite, mais qui en réalité se déchire, jusqu’à atteindre ses propres limites.

 Ce constat grinçant d’un société américaine où rien ne va plus, où tout est déréglé, jusqu’au sein même d’une famille en apparence modèle, est peut-être le meilleur moyen de démontrer qu’il est possible de réaliser un film sombre par la teneur du propos mais illuminé par les jeu des acteurs, et plat dans les événement mais très riche en intensité.

 La force d’American Beauty est d’essayer de nous convaincre que notre société, pourrie en son cœur (c’est la thèse du film, je ne pose ici aucun jugement), peut amener chacun d’entre nous vers un dysfonctionnement total, et parfois vers la mort.

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American Beauty, un ver dans la pomme :

American Beauty est un vrai film subversif, dans le sens où une vraie satyre de la société américaine est plantée.

Le titre lui-même résume très bien le film : « La beauté américaine ». Ça pourrait être le surnom de la famille Burnham, une famille modèle en apparence, fière représentante de la si belle nation des Etats-Unis. Mais en creusant plus loin, derrière la façade, la vie réelle des Burnham est totalement déséquilibrée, voir même pervertie.

En mettant dans son titre le mot « américaine », le réalisateur du film fait une généralité et sous-entend donc que comme la famille Burnham, ce sont tous les Etats-Unis qui sont déréglés. Que derrière la publicité et les slogans enjoliveurs, la réalité de ce pays est tout autre.

C’est en ça que American Beauty est un très bon film, car à travers la vie quotidienne d’une poignée de personnages, ce film est en réalité une critique amère de la nation la plus puissante du monde !

 Toutefois, il est à noter que les américains ne sont pas susceptibles, puisque American Beauty remporta en 1999 pas moins de 5 Oscars, dont celui du meilleur film et du meilleur acteur pour Kevin Spacey.

Les acteurs :

Un film aussi puissant ne pouvait être interprété par n’importe qui. C’est pourquoi Sam Mendes a fait appel à un des acteurs les plus doués de sa génération pour le rôle principal : Kevin Spacey.

Il nous montre ici l’étendu de son talent, avec un jeu plus sobre, mais tout aussi torturé que lorsqu’il campe des criminels (Seven, Usual Suspects).

Toute l’intensité repose sur lui. Son visage se transforme au fur et à mesure que sa famille dépéris, et il pourrait à lui seul être la personnification d’une société qui va mal.

Les acteurs secondaires sont tout aussi talentueux : Annette Bening (la mère), Thora Birch (la fille), Mena Suvary (la meilleur amie de la fille), Wes Bentley (le fils des voisins),  etc … A l’image de cette famille qui a une façade modèle mais une réalité toute autre, tous ces personnage ont une double personnalité, sont tiraillés par leurs craintes, leurs envies, leurs pulsions.

Ce film est donc intelligent et puissant. Je lui accorde la note de 17/20.

 

John Doe

Source images : toutlecine.com

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