Don Jon – la comédie romantique décalée de fin d’année


Vous vous souvenez peut-être, il y a deux mois, je vous racontais l’avant-première parisienne du film Don Jon. Alors que vous vous pressiez sous votre sapin pour voir ce que le Père Noël vous avez apporté, il y en a un qui s’affichait dans vos salles de cinéma en ce 25 décembreDon Jon est le premier film écrit et réalisé par Joseph Gordon-Levitt (Inception, The Dark Knight Rises, Looper, 50/50) dans lequel il a aussi le rôle principal. Scarlett Johansson (Lost In Translation, l’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, Avengers), Julianne Moore (Crazy Stupid Love, Chloé, Carrie la vengeance) et Tony Danza (Tony Micelli dans Madame est Servie) complètent le casting de cette comédie romantique décalée au fond plus sérieux qu’il n’y paraît.

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Don Jon raconte, à travers son héros accro aux films pornographiques, l’impact néfaste que peut avoir sur nous la consommation massive des médias. « J’ai commencé ma carrière très tôt (à 12 ans) et il est vrai que les médias s’immiscent littéralement dans votre vie, y compris amoureuse et même parfois sexuelle. Le public a donc souvent une image superficielle des artistes. D’une certaine façon, c’est l’idée que j’ai voulu exprimer à travers l’histoire de ce jeune mec. Il consomme énormément de pornographie, au point d’avoir une image très limitée des femmes » Il en est de même pour le personnage de Scarlett Johansson, Barbara, cette jeune femme nourrie aux comédies romantiques et qui attend son prince charmant. «Mais il rencontre une fille jouée par Scarlett Johansson qui, à l’inverse, s’est construit une image de la relation amoureuse en regardant des comédies romantiques. Cette confrontation était intéressante à aborder. » Une confrontation à laquelle le couple va devoir faire face, chacun avec leurs attentes pourtant très différentes.

Joseph Gordon-Levitt choisit une narration légère et comique. Même les scènes intimes qu’entretient Jon avec son ordinateur sont si bien suggérées et filmées que la gêne n’est plus pour laisser place au rire. Il faudra attendre l’arrivée d’Esther (Julianne Moore) pour voir l’émotion apparaître à l’écran. Un deuxième acte surprenant, balançant avec la première partie du film. Le montage du film crée une histoire dynamique. Les répétitions du scénario sont nécessaires pour permettre l’évolution de la mentalité de Jon, qui tente de devenir moins égoïste et plus à l’écoute des autres. Son père, interprété par Tony Danza, incarne le patriarche latino-américain à la perfection, qu’on  aime détester. Son pouvoir comique y est excellent. Le côté « cliché » des personnages, entièrement voulu, renforce les stéréotypes véhiculés par les médias dans lesquels nous baignons tous des heures par jour et c’est exactement ce qu’a voulu traiter Joseph Gordon-Levitt. Pour une première réalisation, on lui reprochera peut-être la rapidité du scénario qui ne nous permet pas d’apprécier pleinement chaque personnage, surtout quand il s’agit d’émotion. Cependant, on lui tirera notre chapeau pour sa fin, belle et inattendue vu le début du film. L’acteur montant – que l’on retrouvera prochainement à la production de Sandman aux côtés de la franchise DC Comics – nous offre une comédie romantique surprenante, avec un  vrai fond, qui vous permettra de passer une heure et demie (trop courte !) pleine d’optimisme en ces périodes de fête qui plus est, en compagnie d’un Don Juan des temps modernes qui n’a rien de tragique, celui-là.

Avertissement : Don Jon est interdit aux moins de 12 ans en France (pour un -17 ans accompagné d’un adulte aux US). Même si toute scène pornographique a été écartée, des propos et des scènes suggestives peuvent choquer un public plus sensible.


Article écrit par Flora, bloggeuse sur jglweb.

Les propos de Joseph Gordon-Levitt ont été recueillis dans cette interview  Premiere, Décembre 2013.

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