Mandela : un long chemin vers la liberté


La semaine dernière est mort un des hommes les plus courageux du 21ème siècle. Nelson Madiba Mandela s’est éteint à l’âge de 95 ans, laissant derrière-lui une œuvre indélébile, un combat pour la paix et l’égalité, mené au prix de nombreux sacrifices et d’une abnégation extraordinaire.

Hasard ou destin, le film retraçant son combat et adapté de son autobiographie intitulée « Nelson Mandela : un long chemin vers la liberté » est enfin sorti en France.

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Un vie exemplaire

Le film retrace les étapes qui lui ont permis d’abolir l’apartheid, et devenir le président de l’Afrique du Sud en 1994. Cette oeuvre est donc divisée en trois parties.

Tout d’abord, les prémices de son combat. Nelson Mandela n’est alors qu’un jeune avocat, et révolté par la mise à mort d’un innocent noir par la police, il décide de rejoindre l’ANC, un mouvement pacifiste luttant pour l’égalité des noirs et des blancs. Mais voyant que 50 ans de pacifisme n’ont servit à rien, il décide de fonder le front armé de l’ANC, et se lance dans le sabotage. Il détruit notamment un pilonne d’électricité. Ces actes lui vaudront de comparaître au tribunal, où il risque la peine de mort. Il est très important de préciser que Nelson Mandela faisait du sabotage et non du terrorisme, donc qu’il n’a détruit que des objets; il s’est toujours opposé à de la vengeance physique.
Au tribunal, il est prêt à accepter sa mort, si elle peut servir son dessein. Il prononce alors ces mots : « Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ». Il n’est pas condamné à la peine capitale, car le juge ne veut pas le convertir en martyr, et souhaite qu’il souffre en prison.

La deuxième partie se consacre donc à ses 27 ans de détention tandis que le film se conclue sur son combat une fois sorti de prison, puisqu’il retrouve un pays déchiré, où les noirs veulent gagner une guerre civile contre les blancs, et même sa femme bascule dans cette violence. Nelson Mandela réussi à unifier le peuple, noir et blanc, autour de lui et de la paix, et se fait élire président.

Idris Elba, formidable révélation



Tout d’abord, l’acteur principal Idris Elba, est tout simplement impressionnant dans son rôle de Nelson Mandela. Il est habité par le personnage, et réussi à nous faire vibrer. C’est ainsi que v
ous aurez coup sûr la sensation d’avoir le véritable Madiba devant vous, et cette impression est aussi dûe à l’excellent travail des maquilleurs qui ont fait un travail remarquable dans la dernière partie du film.

Les images, quant à elles, sont magnifiques. Nous voyagons dans une Afrique si belle, aux multiples saveurs, contrastant avec l’abomination de l’apartheid. La réalisation est classique, mais très efficace. Nous retrouvons les codes présents dans les biopics, mais l’intensité est toujours présente.

Optimiste, comme Mandela

La musique est d’une grande qualité, tout simplement. Doté de magnifiques morceaux africains, il y a surtout des mélodies émouvantes mais aussi percutantes, puisque le film est très rythmé. Cette oeuvre n’est certainement pas un mélodrame où l’on pleure pendant 2h30, mais bien un film extrêmement optimiste, comme l’était Nelson Mandela. Et c’est en ça que ce film est très réussi, il ne s’apitoie pas sur l’injustice, mais montre plutôt les moyens d’aller de l’avant. Comme disait Mandela, « le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de les dépassés », et le film refléte très clairement cet état d’esprit.

Certains diront que ce genre de films est surfait : je ne suis pas d’accord. Ces films sont importants, surtout lorsqu’ils sont de cette qualité. Ils permettent de ne pas oublier que des hommes ont été capables de telles atrocités, et de ne pas oublier que d’autres se sont battus pour les abolir. Et comme disait Nelson Mandela lui-même « Les hommes ne sont pas nés en haïssant par rapport à la couleur de peau. Ils ont appris à haïr, alors ils peuvent apprendre à aimer ».

Corbiat Clément, Décembre 2013

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