« Hurricane » les erreurs judiciaires face aux artistes


Les erreurs judiciaires, révélées ou non, ont souvent étaient récupérées par les artistes.

En 2011 sortait Omar m’a tuer, film de Roschdy Zem qui retrace l’affaire Omar Raddad. Vous vous rappelez tous de cette affaire, qui voyait un jardinier maghrébin être accusé d’un meurtre, avec pour seule preuve l’inscription « Omar m’a tuer » (et sa grossière faute d’orthographe) qu’aurait écrite la victime dans son dernier souffle. Aussitôt l’affaire révélée, elle devint un véritable sujet de société, qui ébranla les français jusqu’au sein même des familles avec cette même interrogation : est-il coupable ou non ? (aujourd’hui encore, bien qu’ayant été libéré, Omar Raddad n’a jamais été blanchi).

Et lorsque qu’un débat est aussi rude, et surtout lorsqu’il est enraciné dans des questions aussi fondamentales que le racisme, les artistes s’en emparent immédiatement, et mettent alors leur art au service d’une cause qu’ils défendent.

 Ce fut donc le cas pour l’affaire Omar Raddad (Jamel Debbouze le cita par exemple dans un sketch), mais ce fut surtout le cas pour une autre affaire, qui elle ébranla les États-Unis dans les années 1970 : l’affaire Rubin Carter.

L’affaire Carter :

main_1

 Source image : espn.go.com

Rubin Carter était un Boxer américain concourant dans les poids moyens, né le 6 mai 1937 à Clifton  (New Jersey).

Il a été accusé en 1967 puis en 1976 pour trois meurtres perpétrés en juin 1966 à Paterson (également dans le New Jersey). Il fut libéré en 1985, et le non lieu fut signé le 26 février 1988.

La question de la culpabilité ou non de Carter  à fait fortement polémique : soit un triple meurtrier fut libéré à tort, soit un innocent fut emprisonné pendant 20 ans…

Les artistes à la cause de Hurricane :

Beaucoup d’artistes prirent la défense de celui qu’on appelait sur le ring Hurricane (l’ouragan), y voyant un acharnement raciste.

Bob Dylan

En 1975, Bob Dylan sort la chanson Hurricane, une « protest song » où il prend clairement la défense du chanteur et s’indigne d’une terrible erreur judiciaire.

Cette chanson de plus de huit minutes est purement narrative, et raconte l’histoire du boxer. C’est une sorte d’histoire chantée, qui raconte pratiquement minute par minute les meurtres, et qui prend le parti d’expliquer que Rubin Carter s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. De plus, Bob Dylan insiste beaucoup sur la nature non équitable du procès et déclare que les véritables criminels sont ceux qui ont envoyés Rubin en prison, de part leur racisme.

Le refrain est le suivant « Voici l’histoire d’Hurricane / l’homme que les autorités sont venues blâmer / pour quelque chose qu’il n’a jamais fait / Ils l’ont mis dans une cellule de prison mais il aurait pu être le champion du monde ».

Ce refrain résume bien l’ensemble de la chanson : Bob Dylan se veut exhaustif sur l’histoire de Rubin Carter (« voici l’histoire d’Hurricane »), puis explique qu’il à subit un acharnement raciste (« sont venues blâmer ») à tort (« qu’il n’a jamais fait ») ; enfin le dernier argument est que s’il n’avait pas subi tout cela, il aurait pu une fois de plus devenir champion du monde de boxe, et donc être un héros (« il aurait pu être le champion du monde »).

Il est a noter que Bob Dylan a peut-être un peu exagéré certains points pour intensifier sa défense (comme le fait que Carter aurait pu être champion du monde, alors que sa carrière était sur le déclin), mais cette chanson n’en demeure pas moins un monument d’éloquence, tant le discours du chanteur est prenant. Le fond musical se marie bien avec les paroles, et le ton de voix de Bob Dylan, montrant son indignation, est captivant.

Norman Jewison et Denzel Washington

613x459

Source image : sports.photos.usatoday.com

En 1999, soit 11 ans après le non lieu de l’affaire Carter, Norman Jewison réalise le film Hurricane Carter, avec Denzel Washington dans le rôle titre.

Contrairement à la chanson de Dylan écrite pendant l’affaire, le film a lui un recul global sur toute l’histoire.

Ainsi, l’axe du film n’est pas l’arrestation et la condamnation elle même, mais montre plutôt le combat d’une personne lambda pour le réhabiliter, montrant que l’affaire Carter à touché énormément de gens.

Le synopsis du film est le suivant : pendant ses années d’incarcérations, Carter à sortie une autobiographie où il veut rétablir la vérité ; cependant la situation n’évolue pas. Mais des années plus tard, un adolescent qui tombe par hasard sur ce livre est qui est convaincu de son innocence, décide de se battre à ses côté pour obtenir gain de cause.

 L’argument majeur du film est de montrer que Carter a subit un acharnement personnel de la part de l’inspecteur Della Pesca qui, raciste, voulait tout faire pour voir Carter en prison, quitte à nier certains faits.

 Comme pour la chanson de Dylan, certains faits ne sont pas exacts. Le film ne fait par exemple pas mention de la violence de Carter, qui a pourtant été condamné 4 ans pour 3 agressions.

En effet, le réalisateur à voulu édulcorer la réalité pour appuyer l’innocence de Carter.

 Cependant, Hurricane Carter est un très bon film et Denzel Washington y est brillant.

 

La relation entre faits de société et artistes à donc toujours était grande, et c’est peut-être la vraie vocation de ces derniers : laisser une trace de notre monde, quitte à parfois prendre parti, corps et âme.

Par John Doe

Publicités