A l’époque où Monica et Vincent ne faisaient qu’un…


L’année 2013 est marquée par des séparations terribles dans le monde du cinéma : Demi Moore et Aston Kutcher sont officiellement divorcés tandis qu’Alexandrie Lamy ne veut plus de Jean Dujardin. Et puis il a bien sûr la séparation de Monica Bellucci et Vincent Cassel, qui fut une véritable aubaine pour les magazines people… En cette (presque) fin d’année, retour sur un film qu’ils ont tourné ensemble : Dobermann, un film qui a du chien.

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Après ses deux court-métrages assez ahurissants Vibroboy et Gisèle Kerozène, Jan Kounen se lance enfin dans le long métrage dans un registre tout aussi foldingue et nous pond un petit chef d’œuvre : Dobermann.

Ce film peut paraître amoral, voir immoral et pseudo-fasciste mais ce serait ne pas comprendre sa réelle profondeur et son hommage à la bande dessinée et au comic live.

La force de ce film réside dans son dynamisme et sa mise en scène qui, bien que violente, ne fait en aucun cas référence à quelque réalité, mais au contraire va jouer de son surréalisme et ajouter des détails croquants qui relève directement de l’univers de comic book ou du jeu vidéo. C’est le cas de la scène de poursuite de la moto, et un remarquable générique en image de synthèse.

L’audace du réalisateur est d’assumer entièrement ce genre comico-gore pour ce premier long.

Dobermann évolue sans cesse vers le climax qui est une des scène finales, et le spectateur a intérêt à être bien accroché à son siège, car il est tenu en haleine jusqu’aux cinq dernières minutes, voir jusqu’au générique.

Jan Kounen livre ici un film qu’il faut voir au second degrè et qui démontre bien que le cinéma est une outrance où tout est permis. Dobermann est une folie visuelle, mais dont la mise en scène est parfaitement cohérente et reflète l’esprit comic live de son chef d’œuvre.

Même si le scénario semble assez simple et déjà vu : un ripoux et sa bande recherchés par les flics, cependant les personnages sont assez irréalistes et originaux. Cassel incarne un personnage cruel face à un monde cruel dont le destin a été écrit et le couple sulfureux qu’il forme avec Belluci fonctionne à merveille et attise l’admiration du spectateur, interprétation assez exceptionnelle de Tcheky Karyo en flic véreux faisant directement référence à un nazie.

L’Ordre public est exagérément dépeint, corrompu et violent. Ainsi le parti n’est pas pris, et Jan Kounen dépasse toute humanité qui pourrais exister dans un des personnages. On obtient alors un prêtre qui tue sous le nom de Dieu, un gigolo travesti mais bourgeois, un Romain Duris qui se torche avec les cahier du cinéma.

Le message est clair et sanglant, Jan Kounen critique clairement la société et sa politique mais aussi et surtout le cinéma conventionnel qu’il provoque avec un film explosif qui détonne dans notre mémoire, bref avec un film qui, comme un Dobermann, ne lâche jamais le spectateur. 

Par Jacky  Brown

Autres films de Monica Bellucci et Vincent Cassel

L’appartement, de Gilles Mimoumi (1996)

Embrasse-moi Pasqualino, de Carmine Amoroso (1997)

Irréversible, de Gaspard Noé (2002)

Agents Secrets, de Frédéric Schoendoerffer (2004)

Sheitan, de Kim Chapiron (2006)

Y.S

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