« The Immigrant » – un mélodrame subtil et pictural


« The Immigrant » débarque enfin dans les salles obscures de l’hexagone après avoir été accueilli dans un prestigieux endroit que nous nommons en toute simplicité « festival de Cannes » en mai dernier. Réalisé par James Gray, il met en scène une jeune française, bien connue aux Etats-Unis, qui n’est autre que Marion Cotillard. A côté de ce nom se retrouvent ceux de Joachim Phoenix et de Jeremie Renner. Et autant vous le dire tout de suite, à vous chers internautes, « the immigrant » nous transporte loin, très loin : oubliez donc l’année 2013, oubliez donc la France. Revenez plutôt en 1921, et stoppez-vous devant les portes bien gardées des Etats-Unis d’Amérique.

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Le film commence en toute sobriété. Les premières scènes avivent la curiosité du spectateur qui découvre cet endroit qui a accueilli tant de monde, ce lieu tant redouté des nouveaux arrivants, cette antichambre du rêve américain que l’on nomme tout bonnement Ellis Island. On y découvre dans une file d’attente interminable deux jeunes polonaises qui viennent tout juste de débarquer sur le sol américain. Elles sont sœurs. L’une est incarnée par Marion Cotillard justement. Et elles attendent. Elles attendent de savoir si l’Amérique veut bien les accueillir. Mais voilà, le verdict tombe : elles sont exclues de ce pays alors qu’elles viennent tout juste d’arriver, alors qu’elles rêvent d’y pénetrer depuis toujours, tentant de fuir leur triste vie en Europe.  Heureusement, un élégant mais mystérieux homme arrive à faire entrer dans le pays Marion Cotillard tandis que la sœur de celle-ci reste à Ellis Island pour se faire soigner de la tuberculose… Et c’est à cet instant que notre histoire démarre réellement.

Cette histoire se montre très vite émouvante. Le spectateur suit cette jeune femme cloisonnée dans cet objectif, celui de retrouver sa sœur. Face à une réalité totalement opposée à ce qu’elle avait imaginé des Etat-Unis, la vie lui semble pénible, dont le futur lui parait éteint. Le sort s’acharne sur elle, la désillusion prend vite le pas : le rêve américain semble inexistant. Pourtant, ce rêve n’est jamais loin. Car il y a toujours une petite lueur éclatante, celle transfigurant l’espoir de s’en sortir, et de vivre enfin. Le spectateur sera parfois supris, notamment dans la dernière partie du film, où le dénouement final est imprévisible. Le tout fait de cette œuvre un film triste mais beau. Avec une petite touche de réalisme.

Quant à l’aspect technique du film, la réalisation de James Gray est certes d’un certain académisme mais elle laisse paraitre une magnifique photographie, avec une luminosité bien traitée. La caméra est légère, ses mouvements unissant douceur et subtilité. Le rythme est lent mais pas désagréable. Nous pouvons regretter cependant quelques longueurs qui auraient pu être évitées, principalement dans la première partie du film. Les thèmes abordés dans le film que sont majoritairement l’immigration de l’Europe vers les Etats-Unis du début du XXème siècle, le rêve américain mais aussi l’amour sont développés d’une manière différente de ce que la majorité des films nous donne à voir, mais cela manque tout de même en profondeur. Marion Cotillard est convaincante et arrive à nous transmettre tout son mal-être. Il faut dire également qu’elle est bien entourée : Joachim Phoenix, doté d’un certain charisme, et Jérémie Renner, qui n’hésite d’ailleurs pas à jouer de son charme.

En définitive, « The Immigrant » est un film tragique, un mélodrame subtil et pictural. Le spectateur en ressortira touché.

 

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