« Les Interdits » peu convaincants


« les interdits », un très beau titre qui nous frappe. Le synopsis du film semble présager un film intéressant : Nous sommes en 1979. Carole et Jérôme sont cousins. Ils partent en voyage organisé à Odessa, derrière le rideau de fer. Mais cela n’est qu’une couverture. Le soir venu, ils rencontrent des refuzniks, Juifs harcelés par le régime soviétique pour avoir voulu quitter le pays… Parallèment à cet amour du risque, Jérémy ne peut plus s’empecher de cacher son désir grandissant pour Carole.

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Source : coolisrael.fr

Mais voilà… « Les interdits » déçoit. Ce film avait pourtant un énorme potentiel, compte tenu de l’histoire proposée. Les thèmes abordés sont très mal exploités et pour ainsi dire aucunement approfondis. Pourtant le thème du communisme, de l’état totalitaire est d’une très grande richesse. Or les réalisateurs envoient seulement au spectateur des pistes-ci et là sans en donner du sens et de la profondeur, donnant l’impression que ces réalisateurs n’osaient pas aller trop loin, de peur de choquer.

D’autant plus que le film a du mal à démarrer. Le spectateur n’accroche pas, tout simplement. Il reste tout de même optimiste, il y croit dur comme fer, mais ses espoirs disparaissennt vite car rien ne se passe d’assez fort et percutant. Il nous trouve aucun intérêt à ce film, avec un sentiment d’inachevé, d’autant plus qu’aucune émotion ne s’en dégage réellement. Il semblerait pourtant qu’il y a tout ce qu’il faut : de l’amour, des situations dangereuses, mais il n’y a aucun élément qui puisse faire surgir l’émotion ou l’angoisse. Le spectateur arrive de temps en temps à capter ces petits moments de pression mais ils sont infimes. Et l’histoire d’amour entre les deux protagonistes elle-t-elle nécessaire ? Elle tourne au ridicule. Il n’y a pas de réelle surprise, certains événements sont prévisibles. Le film aurait mérité une fin plus aboutie.

Il faut tout de même avouer qu’il y a une certaine maitrise au niveau de la réalisation, principalement de la technique. Les lumières, avec ses contrastes, ainsi que les couleurs du film sont très bien traitées. On retrouve alors une photographie certes classique mais délicatement soignée. Le film s’apparente à une docu-fiction également, car imprégné de vérités. Les deux réalisateursque sont Anne Weil et Philippe Kotlarski nous montrent ce qu’il s’est passé à l’époque de l’U.R.S.S et leur film focalise surtout cette envie profonde qu’ont les habitants à vouloir à tout prix quitter ce pays qui leur réserve au quotidien un calvaire, se conjuguant par la suspicion absolue à n’importe quel moment, les libertés qui n’existent presque pas et la propagande, omniprésente. Il y a donc dans ce film certaines scènes intéressantes dans la mesure où il nous montre les facettes de toute une société mais ces moments sont bien trop rares, malheureusement. 

Nous ne pouvons pas dire que ce film est très mauvais. C’est impossible, dans la mesure où il y a une certaine maitrise de la technique et qu’il reste assez correct pour ne pas être qualifié de « navet ». Mais l’énorme reproche est le fait que tout n’est pas assez approfondi dans ce qui nous est raconté et insinué pour que le spectateur en ressorte convaincu. Ce qui est cruellement dommage pour un tel sujet.

Par Yohann Sed

Octobre 2013

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