Seven, un pêché vertueux.


C’est souvent super dur de faire un article sur un de ses films préférés. On a peur de ne pas être objectif, de trop s’emballer. On ne sait d’ailleurs pas souvent bien pourquoi on l’aime.

Mais je vais quand même essayer de me lancer et vous parler de Se7en (Seven).

Vous savez, ce classique de David Fincher (Fight Club, L’Etrange histoire de Benjamin Buton, The social Network) sorti en 1995, avec 3 de mes acteurs fétiches : Brad Pitt, Morgan Freeman et Kevin Spacey !

 Alors, pourquoi j’aime ce film ? Je vais tenter de répondre.

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1)              Le scénario :

C’est l’énorme point fort du film. Tout d’abord, le point de départ est géant : un tueur en série (Kevin Spacey) exécute 7 meurtres (enfin pas vraiment, mais je vous laisse le découvrir), suivant les 7 pêchés capitaux. Donc pour la gourmandise, il force un obèse à manger jusqu’à exploser, pour la paresse il fixe un homme sur son lit pendant un an, etc… Ravissant.

Et le reste du scénario est tout aussi tordu, mais bon c’est du Fincher, on est habitué (regardez Fight Club sans plus tarder si vous ne l’avez jamais vu).

Pour essayer de retrouver cet affreux criminel, deux policiers que tout oppose, un jeune (Brad Pitt) et l’autre prêt à partir à la retraite (Morgan Freeman), vont devoir collaborer. Schéma classique, mais quand c’est porter par 2 acteurs exceptionnels, ça prend tout de suite une autre dimension.

 

2)              Les acteurs :

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Le trio d’acteur est tout simplement sublime.

Brad Pitt et Morgan Freeman nous campent donc le duo de flics Mills et Somerset, et ils sont vraiment très bon.

En fait c’est pas très original de dire que Brad Pitt est bon, ça fait même un peu cliché. Mais c’est dans ce genre de films que l’on se rend compte de l’étendue de son talent. On est loin de l’image glamour de Troie ou de Ocean’s Eleven,  puisqu’il nous campe avec justesse un personnage fragile malgré sa fougue, avec une vraie psychologie. Remarque, je n’étais pas surpris en voyant Se7en, car il m’avait déjà bluffé dans L’armée des 12 singes, en interprétant un fou dans un asile psychiatrique (ce qui lui valut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle).

 Morgan Freeman, lui, c’est l’acteur cool par excellence, mais on oublie souvent de le citer dans les très bons comédiens, ce qui est pourtant le cas. Tout d’abord, il faut savoir qu’il à le rôle principal dans  le meilleur film de tous les temps selon les spectateurs, à savoir Les Évadés (très bon film). Mais pour toute une génération, Morgan Freeman c’est avant tout Dieu dans Bruce tout puissant ! Et puis, nous les français on l’aime bien également pour sa voix francophone, qui est la même que pour Eddie Murphy et donc l’âne dans Shrek, et ça c’est cool.

 Mais la vraie claque de ce film est donnée par celui qui n’était encore qu’un jeune acteur, et qui cartonna la même année 1995 avec Usual Suspects (l’une des meilleurs fins de film de l’histoire!) : Kevin Spacey. On ne le voit pourtant que dans le dernier quart du film, mais il captive immédiatement, dès sa première seconde d’apparition. Son jeu froid et terrifiant crève l’écran, et nous entraîne encore un peu plus dans l’univers glauque du film. Son personnage de John Doe (ce qui veut dire en anglais « monsieur tout le monde », vous saisissez l’ironie) est désormais classé 20ème méchant de l’histoire du cinéma !

 3)              Les répliques

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 Comme tout bon film américain qui se respecte, Se7en à son lot de répliques qui claque.

Petit échantillon :

 Les phrases qui font sourire :

 Un flic, en découvrant un cadavre : «  Crime passionnel.

Somerset  (Morgan Freeman) : Ouais, une passion qui a laissé des traces sur le mur… »

 Un flic : «  Ça va faire trois quart d’heure qu’il a la tête dans ses spaghettis.

Mills (Brad Pitt) : Comment ça ? Personne à vérifié s’il respirait encore ?

Le flic : J’suis quand même pas débile, à moins qu’il s’oxygène à la sauce spaghettis, il respire plus du tout.

Mills : C’est comme ça que vous procédez ici ?

Le flic : J’vous demande bien pardon inspecteur, mais ce gars là, il est carrément assis dans sa merde et s’il était pas mort, j’vous garantis qu’il serait déjà debout. »

 

Les phrases qui font flipper :

 John Doe (Kevin Spacey) : « Inspecteur. Inspecteur. INSPECTEEEUUUUUR !!! » (oui, bon là ça fait pas flipper, mais faut voir le film).

Somerset : «  Il y a sept péchés capitaux. La gourmandise, l’avarice, la paresse, la colère, l’orgueil, la luxure et l’envie. Sept. Tu peux t’attendre à cinq autres meurtres. »

 

MA phrase préférée :

 Somerset : « Mills ! Poses ton arme ! Mills !! »

 

Et enfin, pour finir, un dialogue superbement bien écrit, qui fait froid dans le dos, tellement les arguments exposés par le meurtrier sont abominables :

Mills : «  Heu attend une minute là. T’as tué que des gens innocents jusqu’à maintenant.
John Doe : Innocents ?! C’est supposé être drôle ?! Un obèse répugnant ? Une créature qui pouvait à peine se tenir debout ? Si vous l’aviez croisé dans la rue vous l’auriez montré à vos amis et vous vous seriez tous moqué de lui. Si vous l’aviez vu pendant que vous mangiez, vous n’auriez pas pu terminer votre repas ! Après lui je suis passé à l’avocat, vous avez du secrètement me remercier de m’en être occupé. Cet homme a consacré sa vie à faire de l’argent en mentant ! Il a menti pour assouvir son vice ! Grâce à lui les violeurs et les meurtriers courent les rues !
Mills : Les meurtriers ? Les meurtriers comme toi ?
John Doe : UNE FEMME ! Si laide intérieurement qu’elle ne pouvait pas supporter de vivre si elle n’était pas belle extérieurement ! Un dealer de drogue ! Un dealer ! Et pédéraste de surcroît ! Sans oublier la prostituée qui transmet autour d’elle les maladies. Il n’y a que dans un monde aussi dégénéré qu’on peut dire la tête haute que ces rebuts étaient de pauvres innocents… Voilà ou je veux en venir. On voit à chaque coin de rue un péché mortel. Dans chaque maison. Et tout le monde le tolère. Tout le monde le tolère parce que c’est courant, ordinaire. On tolère ça à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Mais plus pour longtemps. Parce que j’ai donné l’exemple. Et tout ce que j’ai accompli sera étudié un jour. Déchiffré et suivi… à jamais. »

  

4)              La scène finale

A la manière de Buster Keaton, David Fincher a décidé de soigner la chute dans Se7en. La dernière scène (enfin, l’avant-dernière quoi) est juste magistrale. Mais maintenant c’est à vous de la découvrir 🙂

Par John Doe

Source images : toutlecine.com

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