11 novembre – Un film « un long dimanche de fiançailles »


En ce jour de victoire et de commémoration hautement symbolique d’une nation sortie déchirée tout en étant victorieuse, nous vous proposons un film poignant qui inspire notre réflexion. Il s’agit du grand film « un long dimanche de fiancailles » du réalisateur Jean Pierre Jeunet.

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Pourquoi ce film et pas un autre? Et bien parce que dans le cœur qui fait battre nos vies, celui-ci semble être le plus proche de nous. L’histoire s’inscrit dans la lignée de cette « génération perdue » que Gertrude Stein a si bien évoquée. Un jeune homme de 17 ans nommé Maneck est comme ses compagnons d’armes dans la tourmente meurtrière commencée depuis aout 1914 : il ne porte pas les passions tristes dans son coeur, il n’en a qu’une véritable et saine pour qui il veut se battre en tant qu’homme… C’est une femme nommée Mathilde dont l’interprétation d’Audrey Tautou nous trouble les yeux car dans un rôle a peu près similaire « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain », son role de jeune femme est touchant par la simplicité d’ame dont elle joue avec talent.

Le film s’inscrit principalement dans une thématique d’amour blessé avec autour son cortège d’esquisses dramatiques que sont naturellement la guerre mais aussi le poids que ressent Mathilde a chercher dans son coeur la réponse si Maneck est encore en vie.

 Dans le film, la plaine autrefois remplie d’obus est désormais recouverte de champs de blés. Etrange paradoxe dans cet avant no man’s land où la mort avec ses cratères lunaires et son bruit incessant a effacé la paix du chant des oiseaux. Comme l’eu constaté Voltaire dans son temps en se rendant a Fontenoy près d’un an après la bataille et n’y découvrant que des beaux blés et des flamands et flamandes en joie.

Mais revenons sur ce titre du roman de Sebastien Japrisot « Un long dimanche de fiancailles ». Le titre souligne le long processus de réalisation de l’amour, un besoin peut être de vivre ce dimanche là éternellement a jamais, avec les retrouvailles des deux amoureux qui rythment l’intensité du film. Ce film nous montre aussi qu’il existait des âmes innocentes dont la réalité en a fait devenir des coupables. Maneck est condamné pour mutilation, et à partir de 1917, c’est la carotte et le bâton qui prime sur l’ensemble des hommes. Permissions oui, mais contraintes évidemment de servir encore et dont la mutilation est synonyme de trahison. Nous en sommes a la troisième année de guerre, une année charnière car elle détermine l’ensemble du continent européen mais aussi outre Europe avec d’autres événements extérieurs à notre film. Ce film nous révèle que les passions tristes ne valent pas la peine d’être vécues jusqu’au bout. Elles écrasent l’homme et même les hommes au pluriel.

Ce film enfin, par sa force émotionnelle, montre qu’il n’y a qu »une chose pour ainsi dire vraie : l’amour. Car outre les épreuves rencontrées tout au long du film, nous voyons toute la conviction que nourrit Mathilde dans son quotidien. Qui ne peut être insensible a ces scènes où l’insouciance et le partage règnent en maître dans ce couple ? Les flashbacks de leur première rencontre dans ce phare par exemple, les initiales gravées dans cette cloche pour que jamais l’on oublie ?

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 source : cinedb.avcesar.com

Nous conclurons avec cette phrase d’un grand écrivain  Maurice Genevoix, qui disait « C’était une guerre qu’ils n’ont pas voulu, c’est en homme qu’ils l’ont faite. »

Jean-Guillaume Têtu

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