« Quai d’Orsay » l’exercice du pouvoir dans son intimité


Adapté de la BD de Christophe Blain et Abel Lanzac, le film Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier est en salle depuis le mercredi 06 novembre. Thierry Lhermitte y incarne le ministre des affaires étrangères (Dominique de Villepin, même s’il n’est pas nommé), et nous le voyons travailler avec ses conseillers. Mais ce film est-il à voir ?

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source : avoir-alire.com

SYNOPSIS

Quai D’Orsay a pour point de départ la volonté de suivre un jeune énarque, Arthur Vlamink, qui vient tout juste d’être embauché comme conseiller au langage du ministre des affaires étrangères. Son travail consiste à rédiger des discours pour le ministre, ce qui n’est pas une mince affaire, puisque ce dernier n’a de cesse que de lui ordonner de recommencer. A travers le personnage d’Arthur Vlamink, nous découvrons les coulisses de la politique, ainsi que la façon dont sont traitées les affaires importantes.

AVIS

Un film réaliste

Un des points positifs du film est la qualité des décors. En effet,  nous découvrons le somptueux Quai d’Orsay et nous sommes réellement en immersion dans ces lieux, si bien que l’on se croit soi-même conseiller. De plus, nous avons aussi le droit à une scène plus vraie que nature à l’assemblée nationale (et ses fameuses disputes), ainsi qu’à un final aux nations unies.

Thierry Lhermitte surjoue parfois un peu, notamment au début du film, mais ce rôle d’homme à la fois puissant et rigide, et réellement investi dans sa tâche lui va bien. Nous voyons un politique brillant et hyperactif, multipliant les occupations.

Bien qu’il s’agisse d’une évocation à Dominique de Villepin, il n’y a pas de volonté de ressemblance, et les noms sont modifiés, tout comme pour les pays ayant une situation politique difficile. De plus, il n’y a aucune volonté partisane dans ce film, car il ne traite pas vraiment de politique, mais bien des rouages administratifs, des moyens mis en place pour travailler et communiquer. Le ministre n’est pas le personnage que l’on voit le plus, car le film se focalise surtout sur les hommes de l’ombre, tous les conseillers.

 Un métier éprouvant

 Quai D’Orsay peut paraître un peu répétitif, car le ministre ne cesse de demander à ses conseillers de rédiger des discours, pendant tout le film. Mais cela permet de bien comprendre les exigences auxquelles ils doivent faire face et nous voyons donc qu’il s’agit d’un métier éprouvant ; les conseillers n’ont pas le temps de manger et ne dorment pas beaucoup, car ils ont des dizaines de dossiers en attente. D’ailleurs, le ministre dit à l’un d’eux « Il ne faut pas remettre à demain le travail de la semaine dernière ». Les situations sont bien sûr exagérées pour provoquer le rire, en pointant du doigt ce qui est souvent reproché aux hommes politiques.

 Des moments très drôles

Le film s’amuse à nous faire rire avec les travers des politiques, comme par exemple la complexité de leur langage, leur hypocrisie, mais aussi le retard technologique (il n’y a pas internet au Quai D’Orsay !).

Le film bénéficie d’un bon rythme, et chaque séquence est ponctuée par un gag. Je ne connaissais pas la bande dessinée qui a inspirée ce film, mais son esprit semble ici respecté.

Toutefois, Quai d’Orsay est peut-être un peu long, et à la fin une certaine lassitude peut apparaître car on peut avoir l’impression qu’il se passe toujours la même chose. Mais les traits d’humour sont bien distillés, permettant d’amener un air frais à des situations stressantes pour les hommes politiques.

Quai d’Orsay est donc dans l’ensemble un divertissement plutôt plaisant, et nous passons un moment agréable pendant lequel on rit bien, et où on apprend des choses sur le métier des hommes d’Etat. 

Par Clément Corbiat

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