« Astérix Chez les Pictes » sans Uderzo – Pari réussix !


Jean-Yves Ferri (textes) et Didier Conrad (dessins) sont les successeurs de Goscinny et Uderzo, choisis scrupuleusement (du moins, nous l’espérons !) par ce dernier, ne se sentant plus capable d’élaborer une nouvelle aventure de notre petit gars bien malin. Il est donc inutile de vous signaler que la tâche est lourde en responsabilité ! Reprendre cette saga n’est pas chose aisée, d’autant plus que l’aventure précédente intitulée « Le ciel lui tombe sur tête » (numéro 33) n’a pas du tout plu au public, considérant cet album comme le moins réussi de la série. Imaginez-donc l’angoisse de nos deux gaillards chargés de l’élaboration d’ « Astérix Chez Les Pictes » ! Mais maintenant que ce numéro 35 est sorti, passons au jugement !

Asterix-chez-les-Pictes

Dans « Astérix chez les Pictes », notre brave gaulois et son fidèle compagnon livreur de menhir partent en écosse pour aider un habitant de cette région. Tout ce qui a de plus classique pour une histoire d’Astérix et de plus rassurant pour les lecteurs !

Mais voilà. L’album a peine sorti dans les librairies que certains sont déjà septiques à l’égard de cette sorte de « passation de pouvoirs » et alors de cette nouvelle aventure. Mettons les choses au clair tout de suite. Certes, dans Astèrix chez les Pictes, il n’y a pas la précision d’Uderzo, la finesse de Goscinny, mais il y a toujours l’esprit qui a fait le succès de la saga. Il y a de l’humour, des jeux de mots, des anachronismes, des références, des bagarres, un banquet, des pirates, des romains et tous nos personnages préférés, avec en plus de cela une pléiade de nouvelles têtes ! D’autant plus qu’il y a un certain rafraichissement des codes de la BD, qui ne peut que faire du bien en 2013 : le langage employé de temps en temps fait écho à nos expressions du quotidien, les références sont plus « actuelles ». Bref, la franchise « Astérix » semble être dans de bonnes mains dans la mesure où l’univers n’est pas trahi et que ce nouvel album semble être dans la continuité des précédents.

Ce que nous pouvons tout de même regretter, c’est l’histoire un peu trop simple de cette nouvelle aventure. Il y a un certain manque de rebondissements. Autre petit point faible, pas bien méchant !, le fait que les auteurs ont trop accentué le caractère simplet d’Obélix qui perd alors de sa subtilité.  Et puis… il est vrai qu’à la lecture des premières pages, on a un petit peu peur : malgré le fait que l’esprit de la BD est toujours présent, on sent tout de même ci et là ce « changement » d’auteurs. Mais ce n’est pas bien grave, parce que nous nous rendons très vite bien compte que ce ne sont que de simples détails. Car malgré ces toutes petites faiblesses, on se laisse entraîner, on garde le sourire tout au long de ces quarante-huit pages, on remarque de jolies trouvailles et l’on se dit : « ouf, ça fait du bien de retrouver l’univers d’Astérix ! ». D’autant plus que ce n’est que le premier de ces nouveaux auteurs ! Laissons-leur le temps ! Pas évident de reprendre le flambeau après 34 albums, de s’inscrire dans un style très pointu, établi depuis bien longtemps… Ce n’est qu’après deux ou trois albums de plus que nous trouverons la réponse définitive à cela : « est-ce une bonne idée de la part d’Uderzo de confier Astérix à Ferri et Conrad ? ».  Pour le moment, il semblerait que la réponse soit « oui ». Car dans l’ensemble, « Astérix chez les pictes » est bien sympathique. D’autant plus que nous, fans de la BD, nous ne souhaitons pas que l’aventure Astérix s’arrête ! Alors au boulot les gars, nous on en veut encore ! 

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