Rencontre – « Ce que nous faisons aujourd’hui est beaucoup plus Fatals Picards »


Non, vous ne rêvez pas, les Fatals Picards sont enfin de retour – depuis le 14 octobre – avec la sortie de leur tout nouvel album intitulé Septième Ciel. au total, 12 morceaux : l’occasion pour nous de faire la connaissance – entre autres – des punks au Liechtenstein, d’un gros con, d’Hortense, Ernestine et même de Robert ! Mais ce fut surtout l’occasion pour le guitariste Laurent Honel de répondre – au nom du groupe –  aux cruelles questions superbobiniennes…

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« septième ciel » est disponible depuis le 14 octobre !

1) Depuis quelques temps on voit Jean-Marc (le batteur) dans toutes les vidéos postées sur internet, il s’occupe également de la page Facebook des Fatals Picards et a souvent la vedette dans les interviews : le coup d’Etat d’un batteur qui voulait être chanteur ? 

Non, pas spécialement. Cela tient plus au mode de fonctionnement du groupe : depuis son entrée chez les Fatals Picards, Jean-Marc a toujours été notre grand spécialiste de la communication. C’est lui qui gère notre Facebook, qui s’occupe de faire le lien entre la formation et les professionnels qui gravitent autour (notre label, notre distributeur, notre attaché de presse…). Il est donc normal de le retrouver souvent en première ligne. Mais c’est vrai qu’il aurait bien aimé que partout dans la rue on parle de lui, que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur lui, qu’elles… bref…

2) 7ème album, 7ème ciel … la 7ème merveille du monde musical enfin révélée au grand jour ?

N’exagérons rien… Disons que cet album s’inscrit dans la logique des précédents, avec toujours une volonté d’explorer de nouveaux territoires, plus textuels que musicaux : les femmes battues par exemple, ou le fait de savoir s’il existe des punks au Liechtenstein… mais c’est vrai que l’idée d’entrée en communion avec notre public le temps d’un orgasme musical ne nous laisse pas insensible.

 3) Comment se passe une phase de création chez les Fatals Picards ? L’inspiration vient autour de quelques bières, ou après la lecture d’un bon bouquin comme le traité sur la tolérance de Voltaire ?

 Voltaire ? La station de métro sur la ligne 9 à Paris ? Je ne savais pas qu’une station de métro pouvait écrire des livres. En même temps, comme elle accueille des SDF en permanence, l’idée de tolérance se tient… pour ce qui est du processus de travail, c’est relativement simple : dans la plupart des cas, c’est Laurent (moi) qui écrit les textes et les apporte avec une base musicale relativement simple, Yves réalise ensuite un important travail d’arrangement, et nous nous réunissons tous les quatre pour finaliser les chansons.

4) Dans votre nouvel album est présente la chanson Gros Con  qui traite de la violence conjugale. Pensez-vous qu’un artiste se doit de traiter des sujets difficiles (comme vous l’aviez déjà fait dans l’album précédent en parlant de la pédophilie avec  Tonton) ?

 « Traiter de sujets difficiles » ne revêt nullement un caractère obligatoire – Daft Punk s’en sort très bien sans, Patrick Sébastien aussi – mais le cahier des charges des Fatals Picards a toujours pris en compte l’importance qu’il y avait à parler du monde dans lequel nous vivonsde ses travers, de ses marges… voilà, c’est ça les Fatals Picards, un groupe qui parfois se permet d’écrire dans la marge. 

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 Source image : various-streaming.e-monsite.com 

 5) Lors des présélections françaises pour l’Eurovision 2007, vous vous êtes retrouvés face aux Wampas … et vous les avez éliminés ! Aujourd’hui, vous faites un duo avec le chanteur (Punk au Lichtenstein) sur votre nouvel album. Le moment de la réconciliation ?

ils l’ont bien mérité : les vieux, à l’époque, c’était eux ! (rires) Nous n’avons jamais été fâchés. Didier a été l’un des premiers artistes connus à accepter de collaborer avec nous le temps d’un concert ou d’une émission de TV. Pour des gens de notre génération qui ont baigné durant leur adolescence dans l’univers du rock alternatif à la française, les Wampas sont une référence incontournable ; alors pouvoir se targuer de les avoir sur disque, c’est comme une espèce de classe intégrale.

 5) Dans vos textes, vous tapez un peu sur tout le monde. Vous vous revendiquez comme les électrons libres de la chanson française ? 

 Nous ne tapons pas sur tout le monde. Nous tapons sur certaines personnes. Et la plupart du temps, nous tapons sur des gens que nous respectons – Bernard Lavilliers est un bon exemple. Mais c’est vrai que nous avons toujours eu une certaine liberté de ton, quelque chose que l’on est peut-être plus habitué à trouver chez des comiques que chez des musiciens, mais comme nous sommes un peu les deux…

 6) Dénoncer à travers la parodie : la marque de fabrique « fatalspicardienne » ? 

 Nous ne pratiquons plus la parodie… ou alors très rarement… si certaines chansons des débuts étaient très proches de l’esprit d’autres artistes, ce que nous faisons aujourd’hui est beaucoup plus « Fatals Picards ». Après, comme nous n’avons jamais pu nous limiter à un seul style de musique, les gens peuvent penser que nous n’en avons pas. Or c’est justement l’absence de style qui chez nous fait office de style.

 7) Vous avez plus de 100 000 fans sur Facebook, vous tournez toute l’année, et 4 Olympia à votre actif, mais pourtant aucune trace de vous dans les médias. Pas trop difficile d’être les vilains petits canards ?

 Parfois c’est frustrant. Voir tous ces artistes capter l’attention des médias peut s’avérer énervant à la longue, mais avec les années nous avons gagné quelque chose de précieux : un public fidèle et de plus en plus nombreux, un public qui n’attend pas de nous le tube de l’été et nous apprécie pour de bonnes raisons – et peut-être aussi de mauvaises…

 8) Que diriez-vous aux gens qui pensent que les Fatals Picards sont seulement un groupe de « grosse poilade » ?

 Je dirais que, pour qui nous connait vraiment, c’est impossible de penser cela.

 9) Un dernier mot pour la fin ?

 « Marmoréen »… c’est un mot que j’aime beaucoup…

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MERCI BEAUCOUP !!!!

Propos recueillis par Clément Corbiat et Yohann Sed

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