FIFIB 2013 – Film en compétition : Blue Ruin


Du 3 au 9 Octobre a lieu la 2ème édition du Festival international du film indépendant de Bordeaux (FIFIB). Huit films sont en compétition pour décrocher la Lune d’or, prix remis par le jury présidé par Anne Parillaud. Chaque jour, SuperBobine publiera un article sur les films diffusés, et essaiera d’établir un palmarès.

Aujourd’hui, Blue Ruin, de Jeremy Saulnier.

blue ruin

 

 Synopsis :

Dwight (Macon Blair) vie dans la rue (enfin dans sa voiture bleue, la « blue ruin » du titre), plutôt par fainéantise que par nécessité, et cette précaire existence monotone ne semble pas lui poser de problème. Mais le jour où il apprend que l’assassin de ses parents va être libéré de prison, le désir de vengeance devient obsessionnel. Il va alors rapidement être pris à son propre piège, craignant pour la vie de sa sœur.

Avis:

 Pendant le premier quart d’heure du film, on peut vraiment se demander ce qu’on fait là. En effet, nous ne suivons qu’un seul personnage, sans savoir qui c’est, ni où il va, et tout ceci sans aucun mot. Nous pouvons alors avoir l’impression d’être embarqué dans une sorte de Road Movie un peu plat. Mais au bout de 15 minutes, dès que le protagoniste apprend que l’assassin de ses parents est en liberté, tout s’emballe. Blue Ruin devient alors un polar sombre, parfois ultra violent, mais qui garde une atmosphère respirable grâce à un humour grinçant.

Le jeu d’acteur est incroyable, car nous voyons sur le visage de Macon Blair une transformation profonde et un désir de vengeance.

Le réalisateur Jeremy Saulnier présente son film comme une critique de la vente en libre service des armes aux Etats-Unis. En effet, dans le film Dwight est un piètre meurtrier – il rate par exemple sa cible à 2 mettre de lui -, mais la facilité qu’il a à accéder à une arme fait de lui un meurtrier tout de même.

C’est aussi une critique de la vengeance, montrant comment on est rapidement pris au piège, que sitôt un doigt pris dans l’engrenage, on est presque obligé d’aller au bout.

Le thème un peu lourd du film et l’extrême violence parfois présente est bien distillée par un humour noir, un cynisme sans concession. Le héros est un « anti-héros » par excellence, le bandit sans savoir-faire.

Enfin, la photographie, le rendu de l’image, est d’une grande classe, et la manière dont c’est filmé nous transporte réellement.

Bien sur tout n’est pas parfait dans ce « film de genre », certains codes ont étés vus mille fois, mais l’acteur principal et le réalisateur sont à suivre de très près ! 

 

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Par Clément Corbiat

LE MINI-AVIS DE YOHANN SED : Un bon film, agréable à regarder, ne serait-ce qu’une fois. Nous sommes très vite emballés par cette histoire de vengeance, certes classique, mais néanmoins intéressante.  Le personnage principal – un tueur inexpérimenté – ne parle pas beaucoup mais il est terriblement attachant. certains comprendront sa terrible souffrance… Il y a pas mal d’humour (noir !), de l’émotion, des situations assez rocambolesques, des images un peu gore. Et une petite morale à la fin…… Dans la plupart des cas, se venger n’est pas la meilleure solution ! Le jeu d’acteur est tout simplement excellent. le réalisateur nous montre qu’il est bourré de talents et peut faire des étincelles dans les prochaines années : nous sentons en lui une réelle maîtrise de la technique. la caméra bouge toujours tout en douceur, les couleurs sont bien traitées (chaque plan est vraiment très beau), d’autant plus qu’il sait captiver le spectateur par de nombreux effets de styles… La seule chose que nous pouvons regretter est le fait que ce genre de film ne soit pas connu par un large public… il me mérite pourtant.

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