FIFIB 2013 – film en compétition « Nina »


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Synopsis du FIFIB :

C’est l’été, le temps des flirts et du questionnement existentiel. A presque trente ans, Nina ne sait pas ce qu’elle va faire de sa vie, si ce n’est une vague envie de partir en Chine. Dans les rues désertiques de Rome, la jeune femme flâne, promène les chiens des vacanciers absents, et se prend de passion pour un bel italien en Vespa…

L’avis de Yohann Sed

A la fin de la projection, nous retenons premièrement le lyrisme et le côté poétique du film. Tout cela se remarque grâce à l’atmosphère qui s’y dégage, née de ce mélange entre la musique de Mozart (entre autres…) et l’esthétique du film, très soigné. Tout parait à la fois fluide et lisse, notamment dans les mouvements de la caméra, cependant souvent les mêmes. Caméra qui se positionne toujours à des endroits insolites pour filmer les situations : le coffre d’une voiture, un ascenseur, pour ne citer que ces deux exemples. N’oublions pas non plus d’évoquer les petites touches d’émotion dans certaines scènes et l’humour, à la fois timide léger et subtile, qui fait de temps en temps son apparition. Je pense notamment à la scène du dentiste, du gâteau, etc.

Quelques maladresses au niveau de la mise en scène tout de même, ce que nous pouvons pardonner dans la mesure où « Nina » est le tout premier film de cette réalisatrice, Elisa Fuksas, avant tout architecte, ce qui se peut se remarquer dans certaines scènes et plans. Malgré cela, les défauts sont minimes et accentuent finalement l’originalité et le caractère « indépendant » du film, si je puis dire.

Il faut noter également le fait que dans la première partie du film, le spectateur a un peu de mal à entrer dans l’histoire, dans la tête de cette jeune fille mais au fur et à mesure qu’il découvre le personnage, son entourage, il se sent totalement captivé et intéressé par la vie de Nina et ne veut plus en sortir. Pourtant, nous ne pouvons pas dire qu’il se passe énormément de péripéties dans ce film, loin de là, mais il y a ce petit quelque chose, indéfinissable, qui permet de dire que cette œuvre est tout de même prenante. On passe alors tout l’été avec Nina, dans un environnement très calme, voire TROP calme. La caméra filme des rues où il n’y a personne. Juste elle. Simplement pour accentuer la lourde solitude qui pèse sur la jeune femme qui ne sait que faire de sa vie mis à part passer à côté de moments inoubliables. Elle se pose beaucoup de questions, le spectateur n’est pas dupe ! il est également le témoin d’une très jolie complicité entre Nina et un petit garçon, qui devient alors son meilleur ami, et celle avec un chien qu’elle garde.

Comme nous le fait remarquer l’actrice Diane Fleri Que nous avons eu la chance de rencontrer, il y a un sentiment de perfection dans ce film. La réalisatrice est minutieuse, ce qui se ressent dans la manière de filmer les séquences principalement. Une certaine idée de fantasme est également présente, et des questions subsistent : est-ce vrai tout cela ? n’est-ce pas plutôt le fruit de l’imagination de Nina ? Aucune réponse à cela, pas même de la part de la réalisatrice. Au spectateur de se faire sa propre idée…

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Pour conclure en quelques mots, nous dirons que « Nina », film pourtant très mal reçu en Italie, est une jolie petite pépite. Une œuvre soignée et raffinée, tout simplement.

Par Yohann Sed

Sources images : movieplayer.it

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