UN PETIT TOUR AU « 36, QUAI DES ORFEVRES »


 

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Source image : toutlecine.com

Les magouilles… Il y en a partout, on le sait très bien ! Même dans la vie de tous les jours, on s’arrange des petits trucs entre nous, on se fait des coups bas. Alors imaginez ce qu’il se passe dans les plus hautes sphères de l’Etat..! Cela dit, nous n’avons pas besoin de s’arrêter à l’Elysée pour avoir conscience des petites (voire très grosses) magouilles… On a juste besoin d’aller au 36, quai des orfèvres. Et là, je vous garantie que vous allez être servi ! Il faut être fort quand on y travaille. Physiquement et psychologiquement, pour pouvoir tenir le choc. Chose que veut nous montrer Olivier Marchal, réalisateur de ce film grandiose.

Mais il faut savoir qu’avant d’être réalisateur, Olivier Marchal était flic. Plutôt haut placé même : il a fait partie de la P.J de Versailles, des enseignements généraux et aussi de la police judiciaire. Autant dire qu’il connait bien les coups tordus, le déchainement de violence, les tensions avec les autorités, et les rivalités entre collègues. Tout cela en fait donc la première raison de voir ce film. La deuxième raison est que ce film s’inspire avant tout de faits réels. Certes, les personnages sont fictifs (quoique certains font référence à des personnes réelles) mais certains points de l’intrigue ont été puisées dans de VRAIES affaires : l’affaire du gang des ripoux et aussi celle des postiches. Troisième raison, le casting est attirant : Daniel Auteuil (Les Sous-doués, Jean de Florette/Manon des sources, la reine margot, le  placard), Gérard Depardieu (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, les valseuses, cyrano de bergerac) ainsi que André Dussollier (un crime au paradis, on connaît la chanson, ne le dis à personne). Ainsi, ce film est bien plus qu’intéressant… Et finalement, j’en pense quoi moi de 36 quai des orfèvres ?

Ce qui est hallucinant est que l’on se fond directement dans ce film sombre, parfois dur même violent, mais surtout réaliste. La tension est palpable, c’est clair et net. Et il nous compresse de plus en plus ! On est complètement figé dans notre fauteuil tellement l’histoire est intéressante et terriblement fascinante. Le scénario est parfait et les petits effets (le fameux flashback du film !) sont bien incrustés. En somme, tout est très bien ficelé. On ne s’ennuie pas. Pourtant, on ne peut pas dire qu’il y a énormément d’action (il y en a peu certes, même si elles restent spectaculaires). Mais comme vous le savez aussi bien que moi, nous n’avons pas besoin d’action pour être littéralement scotché devant un film.

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source image : thecia.com.au

Ici, on nous parle de rivalités au sein de la police judiciaire de Paris, de ce que sont capables deux hommes (ou plutôt un seul en particulier) pour avoir la place tant convoitée. Il y a donc une certaine forme de combat qui nait entre ces deux personnes : le but du jeu étant de faire tomber l’autre, par tous les moyens, les plus « pourris » qui soient. Celui qui se montre odieux et malin gagne, évidemment. Mais Olivier Marchal dénonce aussi les incohérences dans l’administration, les « injustices de la justice »,  les « choses qui clochent », qui ne sont pas normales. Qui permettent à des pourris d’arriver à leurs fins. Qui nous donnent envie de crier « c’est honteux ! ». Et au delà de tout cela, on nous dévoile le fait que la femme est sans nul doute la chose la plus importante pour un flic. Elle est là pour faire oublier les tracas du boulot. Elle lui remonte le moral, le rends bien plus fort. Et puis le jour où elle n’est pas à ses côtés, alors tout s’effondre…

Et que dire des acteurs..! Ils ne manquent pas de charisme, de prestance, de crédibilité. Gérard Depardieu est au meilleur de sa forme et joue dans un de ses plus grands films. Daniel Auteuil prouve qu’il est lui aussi un immense acteur. André Dussolier est brillant. Sans oublier Roshdy Zem et Mylène Demongeot, pour ne citer qu’eux ! Tous contribuent d’une part à la réussite et d’autre part au succès du film, dont la réalisation est parfaitement bien maitrisée.

36 quai des orfèvres m’a donc mis une grosse claque. Il est la preuve qu’en France, nous pouvons faire de sacrés films. Enlevez donc ce cliché de votre tête qui dit que seuls les films américains sont bons et concentrez vous plutôt sur notre cinéma qui nous a offre là une véritable pépite, qui deviendra à coup sûr un grand classique du genre policier, à l’instar de Police Python 357 (avec Yves Montand), Le cercle rouge (Delon, Gabin, Bourvil), garde à vue (Ventura, Serrault), et bien d’autres..!

NOTE : 17/20

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Source image : toutlecine.com

Par Stanislas Lefort

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