Film culte ? ou chef-d’oeuvre ?


Vous avez tous lu des articles où des films sont qualifiés de « cultes » ou bien de « chefs-d’œuvre ». Ces qualificatifs désignent-ils la même-chose, et surtout, sont-ils gages de qualité ?

 

"les évadés"

« les évadés »

Penchons nous tout d’abord sur le film culte.  Ce terme est objectif puisqu’il désigne un film qui a, comme son nom l’indique, fait l’objet d’un culte chez une partie des spectateurs.

Ce peut-être par exemple un film qui a eu beaucoup d’objets dérivés, comme des figurines, des posters, des agendas, etc…  Brice de Nice (2005) et Bienvenue chez les Ch’tis (2008) en sont de parfaits exemples.

Ces films ont biens souvent attirés un grand nombre de spectateurs en salle, mais pas forcément.

En effet, des films comme Les évadés (1995) avec Morgan Freeman  qui a pourtant été un échec commercial lors de sa sortie, ont rapidement attiré une communauté de fans lors de leur sortie vidéo (VHS, DVD, Blue Ray). Le film les Evadés (qui n’a fait que 200 000 entrées en France) est maintenant considéré comme un des meilleurs films de tous les temps par des classements de spectateurs (les internautes d’allociné le classe 5ème meilleur film de tous les temps avec une note de 4,5/5) !

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« Forrest Gump »

Source image : toutlecine.com

Un film culte peut-être aussi un film accaparé par un groupe de fans, qui n’ont par exemple pas arrêtés de se répéter les répliques par cœur. Cela regroupe alors des films très variés, qui peuvent être très bons, mais aussi de qualités plus moyenne, jusque parce qu’ils ont marqués une catégorie de spectateurs (ados, filles, musiciens, fans d’un acteur en particulier, etc…)

Petite listes des répliques cultes :

  • « La première règle du Fight Club est « Il est interdit de parler du Fight Club » (Fight Club, 1999
  •  « Bouches toi les oreilles. Bouches toi les oreilles fort fort fort, encore plus fort ! Tu entends comme je t’aime ? » (Jeux d’enfants, 2003)
  • « La vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » (Forrest Gump, 1994)
  • « Tu bluffes Martoni ! » (La Cité de la peur, 1994)
  • « Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses » (Le bon, la brute et le truand, 1966)

Etc, etc …

 

"portés disparus 3"

« portés disparus 3 »

Enfin, un film culte peut aussi désigner un « navet » qui est « tellement nul qu’il en devient bon ». C’est ce qu’on appelle le « nanar culte ». Il va marquer une partie des spectateurs qui vont adorés en parler parce que l’absurdité de ce film les fait délirer. C’est pour ça que Chuck Noris est acteur culte grâce à ses répliques surréalistes ; exemple : « Je met les pieds où je veux Little John, et c’est souvent dans la gueule ! » (Portés disparus 3, 1988) . (En suivant le même raisonnement, c’est pour ça que Francky Vincent et Patrick Sebastien sont des chanteurs cultes, parce que leurs paroles décalées sont délirantes. On sait que c’est nul mais on adore ça).

Les affiches sont parfois présages d’un bon « nanar culte », ainsi que les titres invraisemblables comme L’attaque de la femme de 50 pieds (1957, un classique du film raté) ou Le père Noël contre les martiens (1964) ! Ce sont souvent des films de science fiction, raillés pour leurs techniques grossières.

Par exemple, Edward D. Wood est considéré comme le pire rélisareur de tous les temps, et son film Plan 9 from Outer Space (1958) comme le plus mauvais film de l’histoire pour ses multiples erreurs ; pourtant il est « archi-culte », si bien que Tim Burton lui a consacré un film en 1994 (Ed Wood)

 

En bref, un film culte n’est pas forcément bon mais il a indéniablement eu un impact sur une partie des spectateurs.

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Source image : myscreens.fr

Le film culte n’est donc pas à confondre avec le chef-d’œuvre. En effet, ce dernier désigne un film qui a atteint la perfection dans son domaine. Mais c’est plus dur à évaluer. Pour qualifier un film de chef-d’œuvre, on ne devrait alors s’en tenir qu’à des points strictement techniques (scénario, jeu d’acteur, photographie, progrès techniques) pour rester objectif. Effectivement, le ressentit sur le spectateur est lui très subjectif, et il ne devrait pas être jugé (ce n’est que mon avis). Il y a alors des films qui  sont qualifiés de chefs-d’œuvre alors qu’ils ont fait un flop au cinéma. C’est le cas de Citizen Kane (1941) pourtant désigné « meilleur film de tous les temps », ou de Metropolis (1927), inscrit au registre Mémoire du Monde de l’Unesco.

Mais qualifier un film de chef-d’œuvre alors que les spectateurs ont fuit les salles, cela donne un argument de plus aux bien-pensants bobos cinéphiles pour affirmer que de toute façon, « les spectateurs basiques ne sont pas assez intelligents pour apprécier la valeur du film ».

 Laissez donc les critiques faire leurs classements entre eux, mais il n’appartient qu’à vous de faire de votre film préféré (ou pas d’ailleurs) un film culte !

Par John Doe

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