CRITIQUE – Les Dieux pardonneront-ils « CA » ?


only god forgives

Un réalisateur pourtant de nombreuses fois acclamé

Nicolas Winding Refn, avec de nombreuses réalisations au compteur ne déroge pas à son habitude. Connu pour sa trilogie Pusher où il avait fait preuve d’un véritable don de génie pour un scénario superbe et une réalisation à son image ; le réalisateur avait ensuite joué un coup de maître avec Drive, qui a d’ailleurs été récompensé au Festival de Cannes 2011. Alors, nous n’en attendions pas moins à la sortie d’Only God Forgives. Et pourtant, quelle déception à la sortie de la salle que j’ai manqué de quitter en plein milieu ! La radicalité et l’aspect sec et tendu que l’on reconnaît aux films de Winding était bien là. Mais il manquait quelque chose… Ou non, peut-être y-a-t-il trop de quelque chose justement. Mais quoi ?

Un spitch bâteau + des acteurs mous = un film sombre et long

Ryan Gosling et Kristin Scott Thomas, un duo qui fait pourtant rêver. Un personnage distant, observateur et très peu bavard dans Drive, notre beau Ryan ne perd pas la main dans Only God Forgives. Jouant le rôle de Julian, le dirigeant d’un club de boxe thaïlandaise qui sert de couverture à un trafic de drogue, les répliques ne sont pas plus nombreuses. Bon, certes, c’était bien la même chose dans Drive, et le film était pourtant génial me direz-vous. Alors continuons… Mais les minutes s’écoulent et les scènes se font de plus en plus longues. Une impression de ralenti plane sur le film d’autant plus que la majorité du film se passe dans des endroits obscures et de nuit (j’ai compté seulement 3 scènes de quelques minutes dans le jour et la lumière !), mais heureusement, Crystal, la mère castratrice et glaciale de Julian, et qui est à la tête de toute l’organisation criminelle, fait son entrée. Ouf ! Un peu d’action et une lueur d’espoir pour ce film qui met peut-être juste un peu de temps à démarrer. La mère, fraîchement débarquée des Etats-Unis, vient rapatrier le corps de son fils aîné et préféré, Billy, tué après avoir assassiné une prostituée. Et demande à Julian de venger son frère en rapportant la tête du tueur. Cool ! Une chasse à l’homme ! Bon, c’est bien tout ça, le scénario n’est peut-être pas si mal finalement. Mais c’était sans compter sur un vieux flic thaï à la retraite qui va venir tout casser… Oui parce qu’en fait, on ne sait pas pourquoi il est là, ni pourquoi tout les autres flics l’adulent, mais c’est lui qui est derrière tout ça. Et Julian et sa mère vont devoir l’affronter. Mais si certains cow-boys des Far-West ont la gâchette facile, Chang le policier a plutôt le katana bien affûté. Et quelques uns dans le film vont en faire les frais.

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Du sang, du vide, de la musique

Du sang. Oui oui parce qu’il fallait bien se douter qu’avec Chang le policier justicier, le sang allait jaillir. Et pas qu’un peu. Certes, c’est une caractéristique immanquables dans les films de Nicolas Winding, et certains parleront de « brutalité esthétique ». Mais non, il n’y a aucune esthétique là-dedans, du moins dans ce films. Juste de la brutalité, des scènes gores aux couleurs saturées pour bien montrer que le sang coule et que les gens meurent. A côté de ça, l’inexpression de Ryan (alias Julian) fait peur à voir, et même si le rôle est joué à merveille, le spectateur est perdu (du moins je l’étais!) et c’est la musique qui vient rythmer un tant soit peu les scènes, vous signalant qu’ici, il faut s’inquiéter (si si je vous jure, même si Julian ne bouge pas, il faut!), et que là, il faut pleurer (ah bon ? Vraiment ? Mais pourquoi il regarde juste alors lui?). Bref, seule petite note positive, pour les fans de Drive, les mélodies aux synthés que l’on retrouvent dans OGF rappellent furieusement le film précédent.

Sans oublier qu’en sortant de la salle, je n’avais pas compris la fin du film. Non, ce n’est pas une blague. La dernière scène a fini de me perdre bien que je me doute qu’une petite morale règne au milieu de tout ces membres coupés au katana (quand je vous dis que Chang est un violent!), je ne peux que me faire des hypothèses au sujet de la fin.

 Note en sortant de la salle : 7/20.

 Note finale : 8/20 – il faut bien avouer que le jeu des acteurs est bon mais dans l’ensemble, c’est un film très sombre, long, et « spécial ». Je ne le recommande pas, ou seulement à ceux qui aiment se triturer l’esprit.


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     The Roger’s

Sources Images : toutlecine.com (sauf l’image 2 [milieu d’article] : blogs.indiewire.com)

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