CLASSIQUE – Citizen Kane, meilleur film de tous les temps ?


Citizen Kane, USA, 1941, Drame, Noir et Blanc, 119 minutes

Réalisation Orson Welles, avec Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore.

 Le but de ce site est de faire découvrir à un public de passionnés, des pépites du cinéma, ou au contraire de déconseiller un film quand il n’en vaut pas la peine. Je me devais alors de me pencher sur le film très souvent désigné par la critique -en tout cas par l’American film institute– comme le meilleur de tous les temps : Citizen Kane.

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Charles Foster Kane, sa vie, son œuvre.

Citizen Kane nous dépeint l’existence de Charles Foster Kane, homme très influant aux Etats-Unis de part ses qualités de patron de presse.

Le film débute par la fin ; Kane vient de mourir, en prononçant un terme mystérieux : « Rosebud ». Le journaliste Thompson va alors tenter d’en comprendre la signification en interviewant les proches du défunt. C’est par leurs témoignages que nous en apprenons plus sur la vie du multi-millionnaire.

Un film révolutionnaire ?

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Citizen Kane est un film intéressant sur plusieurs points.

Il effectue tout d’abord une critique du pouvoir de la presse, qualifiée de « 4ème pouvoir » aux Etats-Unis (après l’exécutif, le législatif et le judiciaire). Kane s’est construit un empire en rachetant un journal, et c’est grâce à ça qu’il va fonder tout d’abord sa richesse, mais surtout exercer son influence. Il dira même «l’opinion publique je la forme dans les journaux ». On est en pleine période de démocratisation de la presse -nous sommes en 1941-  et le regard acerbe d’Orson Welles n’en est pas moins visionnaire, 32 ans avant le scandale du Watergate, qui démontrera la puissance de la presse.

Par l’accroissement de son pouvoir, Kane tentera une carrière politique. Mais bien sur, un homme politique patron de presse (contre pouvoir qui doit donc rester indépendant) ce n’est que de la fiction, n’est-ce pas monsieur Tapie ?

De plus, un des discours du film est que l’argent nous coupe de la réalité. Kane est un homme très influent, mais même s’il a tout d’un point de vue matérielle, il n’a en réalité rien de bien important. Au moment de le quitter, sa femme lui dira même « tu ne m’offres jamais rien, tu me payes ! ». Le couple vit dans un manoir énorme, mais ne s’y épanouit pas. « A vivre seul dans un palais, on peut y devenir cinglé » dira sa femme, comme pourra le dire Jack Torrance bien plus tard dans Shining. Ce discours plein de lieux-communs peut paraître agaçant aujourd’hui car maintes fois entendu, mais il faut bien comprendre qu’il est original pour l’époque. Les thèmes de Citizen Kane sont universels, et c’est peut-être ce qui en fait son importance.

Enfin, ce film est souvent cité parmi ceux qui, par leurs techniques nouvelles, ont révolutionnés l’histoire du cinéma. En effet, de véritables innovations sont à noter sur le montage et le découpage des plans. Egalement le système narratif, le recours aux flashbacks et l’utilisation de certains effets spéciaux ont marqués un tournant énorme dans la manière dont les réalisateurs ont dorénavant abordés leurs films. Car il y a bien eu un avant et un après Citizen Kane.

2h00, c’est long …

Sur le papier, ce film a tout l’air d’un chef-d’œuvre . Oui mais voilà, on s’ennuie ferme et c’est peu de le dire.

Citizen Kane est en fait une sorte de documentaire sur la vie de Charles Foster Kane, des prémices de son succès à sa mort. Mais sa vie de nous intéresse pas,  surtout qu’elle est déjà résumée dans les 10 premières minutes du film. S’en suivent alors 1h50 supplémentaires très poussives, servit par des acteurs fades au premier plan desquels se trouve Orson Welles qui, quand il n’est pas vide de jeu, surjoue affreusement.

Le scénario est plat, puisqu’on déroule juste la vie d’un américain riche et ambitieux, avec ses réussites et ses échecs, mais sans aucune surprise.

Bien loin de la pépite que l’on nous vend, malgré le poids indéniable qu’il a eu dans l’évolution du cinéma, Citizen Kane est en réalité un film auto-plébiscité par des américains nombriliste bien content de mettre en avant un pan de leur Histoire (le développement de la presse). Le succès du film s’explique peut-être aussi par une raison moins noble : le personnage de Kane est inspiré du magnat de la presse William Randolph Hearst, et la volonté de Welles était de lui nuire.

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Une note ?

Bon, vient maintenant le moment de donner une note à ce film, et ça n’est pas une mince affaire. Je vais découper ma note en 4 points :

  • Tout d’abord un 5/5 pour la réalisation, assez exceptionnelle pour l’époque
  • Le scénario, lui, n’a rien d’original et ma note ne dépassera pas le 2,5/5. Les flashbacks ? Oui ils étaient assez rares à l’époque, mais Marcel Carné les utilisait déjà dans Le jour se lève en 1939 (Cocorico!).
  • 2/5 pour le jeu des acteurs, qui ne m’ont décrochés pratiquement aucune émotion.
  • Pour la dernière note, je ne parlerais pas des costumes, des décors ou de la musique, mais plutôt de mon ressenti personnel. Je vous l’ai dis, je me suis énormément ennuyé, et la note ultime sera donc consacrée à l’intérêt que le film à produit sur moi : 2/5.

Vous l’avez compris, le « meilleur film de tous les temps » n’obtient pour moi qu’un 11,5/20, mais c’est évidemment un film à voir, de par son importance dans l’histoire du cinéma.

Clément Corbiat

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SOURCES 

Image 1 : myscreens.fr

Image 2 : myscreens.fr

Image 3 : forbes.com

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