MUSIQUE – DEUX CASQUES POUR UN SUPER ALBUM


Bonjour internautes de tout horizon, préparez vos casques et vos écouteurs ou si vous n’avez pas de voisins branchez vos enceintes ! C’est mardi et donc le jour où Super Bobine se transforme en salon musical de premier ordre !

Nous sommes le mardi 28 mai 2013 et cela fait officiellement une semaine et 1 jour que le très attendu album de Daft Punk est en vente. Et donc la pression médiatique étant retombée, je vous propose de vous attarder sur ce que vaut vraiment cet album.

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Oui je sais ce que vous allez vous dire, encore un guignol qui va louer ou flinguer totalement ce duo comme tout le monde l’a déjà fait. Certes je vais parler de Random Access Memories en bien mais je vais tout de même apporter de nouvelles clés qui pourront vous permettre de vous faire votre propre idée de cet album si riche.

Tout d’abord, un peu d’histoire. Daft Punk est un groupe versaillais composé de Thomas Bangalter et de Guy-Manuel de Homem-Christo. Leur amitié est née au lycée Carnot à Paris à la fin des années 80. Tous les deux était déjà doués pour la musique comme le précise, leur professeur de musique dans une interview désormais mythique délivré au Petit Journal de Yann Barthès.  Une collaboration musicale vit le jour par la force des choses quelques années plus tard, mais pas de n’importe laquelle des musiques. On parle ici de musique électronique, vous savez cette musique apparue avec le disco et son pape Giorgio Moroder. Ce style musical se démocratisa à la fin des années 90 plus précisément en 1997, date de sorti de l’album Homework , un véritable chef d’œuvre musical marquant la naissance de la French-Touch et signé …. Daft Punk ! Album dont fait partie entre autre la chanson bien connu du public, Around the World.

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Oui on peut considérer que ce groupe francilien fit découvrir aux masses populaires une musique peu reconnue à l’époque par le milieu musical traditionnel. Mais ils ne s’arrêtèrent pas là, signant en 2001, le mythique album Discovery dont sont extrait des titres plus connu les uns que les autres  (Harder, Better, Faster, Stronger /One more time/Aerodynamic).

Ils balayent un échec en 2005 avec leur 3ème album Human After All, qui porte si bien son nom rappelant ainsi au monde que malgré leur succès que ce sont des hommes après tout. En effet, les Daft Punk sont caractérisé par le port permanant d’un casque leur donnant une apparence robotique afin de caché leurs visages afin que le public se concentre sur leur musique (dixit Thomas Bangalter). Mais ils réalisent en 2007, la tournée la plus mémorable du monde de la musique électronique avec des lives comme personne n’en n’avait jamais vu.

Voilà le mythe Daft Punk résumé en quelques lignes.

Donc 8 ans après leur dernier album, ils donnent au monde un album d’un genre indéfinissable. En effet, Random Access Memories est un album de musique électronique composé avec des instruments dit organiques (guitare, piano,  batterie etc…). Il faut ajouter à cette particularité la présence de nombreuses célébrités comme Paul Willams, Giorgio Moroder (le grand, le seul et l’unique), Panda Bear (du groupe Animal Collective), Julian Casablancas (Chanteur de The Strokes), Nile Rodgers (Chic), Pharrell Williams (oui oui le rappeur), Chilly Gonzales (pianiste de renommée mondiale), DJ Falcon et enfin Todd Edwards.

Mais bon ça vous le savez déjà, enfin je pense car globalement c’est tout ce que la presse  a dit de cet album.

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Rendrons donc dans le dur ! Random Access Memories, 4ème Opus des Daft Punk, sortie officielle le 20 mai 2013. 13 titres composent cet album ou 74 minutes et 24 secondes d’écoute. 

Piste 1: Give Life Back To Music (4:34)

Pour l’ouverture de son album attendu depuis 8 longues années, nos deux robots annoncent la couleur. Le message est clair dès le titre : Give life back to music comprenez Redonnez vie à la musique. Une voix robotique martèle ce message au cours du refrain qui ce répète tout le long de la chanson. La particularité même de ce titre est le reef de guitare endiablé qui accompagne les paroles donnant d’autant plus de signification à leur message. Quant à l’image que véhicule ce morceau dans nos petites têtes imaginatives, c’est celle d’une entrée en scène fracassante d’un groupe de disco dans le milieu des années 70. Il faut noter aussi la pertinence de la place de ce morceau au début de l’album. C’est frais, on découvre ou redécouvre des sons perdus avec le temps.

Piste 2: The Game Of Love (5:21)

Un titre qui frappe tout de suite par sa douceur. Une voix douce et magnétisée nous emmène dans un univers parallèle, une sorte d’état second indéfinissable mais très agréable. Une légère basse aux sonorités de cymbales accompagne le tout. Imaginez-vous au crépuscule, c’est le début d’une longue journée d’hiver, le monde qui vous entoure est au ralentit et c’est l’envie de revenir au chaud dans votre lit qui vous envahit. On est bien … et c’est seulement la deuxième chanson !

Piste 3 : Giorgio By Moroder (9 :04)

Assurément le morceau le plus courageux de l’ensemble de l’album ! Et mon coup de cœur. Pourtant, il n’y a rien de compliqué dans sa conception. Tout d’abord, il vous faut le pape de la disco, Giorgio Moroder et sa voix grave racontant son épopée, la découverte de la musique samplée. Ajoutez à cela une instru tout simplement hallucinante qui accompagne parfaitement les mots de l’histoire de Moroder par sa sonorité si … DISCO (comme par hasard). Et tout à coup, on bascule dans un autre monde suite aux mots «  My name is Giovanni Giorgio but everybody calls me Giorgio ». Une musique aussi flippante qu’entrainante se répète sans cesse rappelant le temps où la musique pouvait nous procurer de véritables émotions. On a la boule au ventre et on déguste chacune des sonorités apportées comme si le monde ne dépendait plus que de cette musique (non, non je ne m’enflamme pas !). Bref un morceau qui ne devrait jamais s’arrêter tant il s’approche du chef d’œuvre.

Piste 4 : Within (3 :48)

Un piano, dans toute sa splendeur ! Les amateurs seront ravis ! Une véritable cassure avec le morceau précédent, on se demande si on est toujours sur le même album quand tout à coup résonne une voix difficilement définissable pour ne pas dire robotique qui obsède l’auditeur. Les paroles sont confuses et on en oublie presque le piano du début. Néanmoins, on peut imaginer aisément regarder la pluie tombée derrière une fenêtre avec un profond désespoir mais avoir cette sensation étrange de plénitude et de repos. Cette chanson est discrète mais foutrement efficace comme dirait l’autre.

Piste 5: Instant Crush (5:37)

On se laisse d’abord surprendre par cette collaboration. Julian Casablancas, le mythique chanteur à la voix épurée de The Strokes en collaboration sur un album des Daft, ça peut laisser perplexe mais pas tant quand cela en fin de compte. Le morceau démarre fort, une instru composée de guitares et d’une basse douce. Julian apparait avec son timbre feutré et la musique prend une ampleur phénoménale. On oublie rapidement les morceaux précédents et c’est une image confuse qui se diffuse. Une route, une voiture américaine en plein désert qui roule à vive allure. Casablancas et le Daft nous livre ici une musique qui nous touche directement par sa pureté et son rythme indéfinissable faisant de ce titre, un incontournable de l’album.

Piste 6: Loose Yourself to Dance (5:53)

Oulaaa ! Le morceau commence très très fort! Une basse dynamique de quelques secondes qui laisse place à un reef de guitare diaboliquement entrainant exécuté par le grand Nile Rodgers. Et d’un coup Pharrell Williams apparait, avec sa voix qui nous fait déjà danser depuis quelques semaines avec ses collaborations! A l’image d’une bière devant un match de foot, ce morceau est celui que la terre entière attendait. Ça bouge, ça funk et surtout ça déménage ! Ajoutons à ce morceau l’inévitable voix robotique qui nous rabâche « COME ON COME ON COME ON ! ». On a tout simplement envie de se perdre aveuglement à danser.  Ce titre fera parler de lui dans les mois avenir.  C’est même vraisemblablement la tuerie de cet album.

Piste 7 : Touch (8:18)

Sublime, tout simplement sublime. Au début, on croirait entendre le démarrage d’un jeu vidéo dans un salon de jeu des années 90, vous savez ces grosses caisses avec un joystick et deux boutons.  Paul Williams, avec une voix de psychopathe ou mourante au choix, martèle « Touch … I remember touch… » C’est très flippant et d’un coup, l’atmosphère se purifie, on retrouve le timbre de voix de notre ami et tout parait clair. Paul Williams accélère son débit de parole et l’instru fait de même. Un silence et c’est l’explosion musicale, une sonorité de piano de cabaret avec des trompettes, on se sent transporté.  D’un coup tout s’arrête, ou du moins se ralentit avec le retour des paroles pour laisser place à un crescendo monumental. On ne se souvient plus de rien, on ne sait même plus comment la musique a démarré. On est juste bien avec le son des violons qui nous berce. Une voix féminine s’élève c’est l’apothéose on le sent. Mais là c’est le drame, tout s’arrête et Paul Williams reviens avec les paroles du début. Voilà, une grande claque musicale. Je n’avais jamais ressenti cela, toutes ces accélérations et décélérations successives donnent un rendu vraiment d’un autre monde. Oui les Daft Punk semblent être à des années lumières de la musique actuelle, instaurant ainsi une nouvelle ère.

Piste 8 : Get Lucky (6:09)

Que dire de ce titre dont tout à déjà été dit ? On peut déjà préciser que sur la version album dont je parle, de nombreux instrument prennent part à la fête.  Un rapide solo de guitare au début par exemple.  Je ne m’attarde pas dessus vu sa popularité (Indétrônable 1er  des ventes de singles en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis depuis 5 semaines). Et je pense qu’il est inutile de préciser que cela sera à n’en pas douter l’un des tubes de cet été (A mort les Collectif métissé et autre Keen’v ! DAFT PUNK IS IN DA PLACE)

Piste 9 : Beyond (4:50)

Un morceau discret mais qui a le mérite d’exister pour le lien qu’il fournit avec les précédent album de nos deux robots. On commence par une introduction étragement symphonique qui ravira les plus averti d’entre vous. Le reste est un mix parfait entre deux époques : une voix robotisée rappelant Veridis quo (Discovery) et une rythmique propre à Random Access Memories. Un petit morceau sympa qui enchantera les adeptes de musiques calmes et mélodieuses.

Piste 10 : Motherboard (5 :40)

Une nouvelle épopée musicale. Il est difficile de dégager un avis général de cette musique. Pour ma part je trouve le mélange symphonique/électronique très réussi. La comparaison peut être vite faite avec un opéra. On passe par différentes émotions qui semblent collées entre elles par un Chewing-gum géant (Le son bizarre qui fait les transitions). On entend même une baleine. Bref, je ne fais l’apologie d’aucun produit illicite mais la profondeur de ce morceau peut effrayer les néophytes donc un pétard ça ne fait pas de mal pour comprendre ce Motherboard !

Piste 11: Fragment of Time (4:39)

Todd Edwards prête ici sa voix à une balade,  ma foi fort agréable. On voyage dès la première écoute, un sentiment de liberté peut même vous envahir. Niveau représentation scénique, il est facile de s’imaginer une joyeuse bande de guillerets bougeant les jambes sur scène avec un chanteur, idole des jeunes, un mec avec un synthé futuriste et un guitariste charmeur. Bref c’est joyeux et frais.  Il faut ajouter à cela une touche robotique (oui comme dans toutes les chansons de cet album), qui plante un plus le décor en donnant de l’ampleur au morceau.

Piste 12 : Doin’ it Right (4 :11)

Le morceau le plus paradoxal cet album ! D’un coté, on a Panda Bear membre permanant du groupe Animal Collective qui s’inscrit dans un genre à part de la musique avec son public propre et de l’autre les Daft Punk. Ce mélange s’illustre dans Doin’ it Right, un morceau qui relève, je n’ai pas peur de le dire, du génie ! Il montre à quel point deux mondes différents peuvent s’assembler de manière parfois  dérangeante mais tout en gardant une sonorité bien plus qu’agréable. Ce morceau semble se répéter alors qui évolue constamment. Oui je vous avais dit qu’il été paradoxal.

Piste 13 : Contact (6:21)

Dès l’intro, on sent que c’est la fin. Oui ce n’est pas seulement car on arrive à la 13ème piste. Petite histoire, le mec qui parle au début de la chanson est un véritable astronaute (oui les Daft ont eu accès à des enregistrements de la NASA). L’homme se tait et fait place à la musique. C’est très rapide, on ne sait pas ou regarder tout s’accélère encore et encore. Des sons de plus en plus intenses occupent notre esprit. Tu te dis que ce n’est pas possible, on ne peut pas continuellement accélérer le rythme d’une chanson. Eh bien si, en clôture de son album, nos deux amis casqués nous permettent de nous envoler une nouvelle fois avec eux. La fin est triste, c’est-à-dire une longue descente d’1minute 30 au bout de laquelle la réalité nous semble si cruelle et si peu symphonique.

Afin de conclure cette analyse et te lâcher la grappe, toi petit internaute qui est à bout de souffle et à court de tympan, on peut dire que cet album est l’un des plus réussis de l’année. Il va à l’encontre de tous les codes établis jusqu’à maintenant par la musique commerciale. Comme ils l’ont dit dans une interview, les Daft Punk voulaient réaliser une œuvre complète. Je m’explique, tout le marketing autour de leur album fait partie intégrante de leur production tout est calculé et millimétré. Une musique d’un autre genre, une commercialisation épurée voilà ce qu’incarnent les Daft Punk à l’heure actuelle. En espérant que les autres artistes suivent le mouvement ! Finalement, il y a peut-être bien un espoir pour la musique à notre époque.

C’était Sanka Coffie, en direct de ton ordi, à la semaine prochaine amis mélomanes ! Petit cadeau en attendant pour les gens qui n’ont jamais vu la tête des Daft Punk.

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Par Sanka Coffie

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