RRRrrrr !!! L’absurde à la française


Je ne pouvais pas écrire des articles sur un site consacré au cinéma, sans vous parler du film que j’ai le plus vu (sans doute  plus de 40 fois) : RRRrrrr !!! (soyons précis sur l’orthographe, 3 majuscules, 4 minuscules et surtout 3 points d’exclamation) !

RRRrrrr !!!, baptisé par mes soins « bijou de l’absurde, pierre angulaire de l’influence britannique en France », est qualifié par la critique de « nanar intergalactique ». Alors d’accord, vraisemblablement je ne suis pas objectif, mais vous non plus messieurs, chez qui un film populaire est forcément mauvais, sauf quand vous avez décidé de le propulser au sommet du cinéma français, on ne sait pas bien pourquoi (toute référence à un film où accent fort et fromage fort se côtoient est évidemment fortuite).

Et le Parisien en fit même la Une de son journal le jour de la sortie, avec un sobre « NUL » (vous noterez le jeu de mot, et l’humour si fin de nos confrères journalistes)

La population de l'époque

La population de l’époque

Une histoire à se poiler de rire :

Nous sommes à l’âge de Pierre, où deux tribus s’opposent depuis toujours sur un sujet sensible : la détention du shampoing. Les « cheveux sales » tentent donc à plusieurs repris d’en dérober la recette, que possèdent les « cheveux propres ». Mais un événement beaucoup plus grave vient bouleverser cette routine préhistorique : le premier crime de l’Histoire ! C’est le point de départ d’une enquête policière totalement barrée, riche en rebondissements !

Parlons sérieux, parlons bien :

C’est le troisième film rassemblant la totalité de la troupe des Robins des Bois, à savoir Pef, Marina Foïs, Maurice Barthélémy, Pascal Vincent, Elise Larnicol et Jean-Paul Rouve, après Serial Lover et Trafic d’influence ; mais c’est le premier où ils ont tous des rôles majeurs.

Les Robins des bois sont une troupe de comédiens formés en 1996, d’abord sous le nom de « The royal Imperial Green Rabbit Company ». Ils changent de nom en 1998 après leur pièce de théâtre « Robin des Bois d’à peu près Alexandre Dumas ».

De 1997 à 1999 ils officient sur la chaîne Comédie (créée par Dominique Farrugia), puis ils débarquent sur Canal + dans l’émission « Nulle part ailleurs ».

Le réalisateur est Alain Chabat, qui joue également le rôle du « guérissologue ». Il s’est fait connaître dans la troupe les Nuls, et est avec Dominique Farrugia (son compère des Nuls), un des « parrains » des Robins des Bois, une sorte de protecteur, n’hésitant pas à les faire participer à bon nombre de ses films. Car Alain Chabat est aussi un réalisateur de talent.

Après s’être illustré dans la Cité de la Peur en 1994 (avec les Nuls), il réalise son premier film, « Didier », qui lui vaut le César de la première œuvre en 1998. Puis en 2002, sa deuxième réalisation « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », rassemble plus de 14,5 millions d’entrées, et est à ce jour le 11ème film le plus vu de tous les temps en France !

Enfin, RRRrrrr rassemble beaucoup de guest-star : Gérard Depardieu (innoubliable Cyrano de Bergerac), Jean Rochefort (oui le monsieur de « Amaguiz », mais surtout le détenteur de deux Césars pour Que la Fête Commence et Le Crabe-Tambour, ainsi que d’un César d’honneur en 1999), Valérie Lemercier (Les Visiteurs) et Joeystarr (c’est la 3ème apparition au cinéma du rappeur de NTM).

Oui oui, Le Grand Gérard Depardieu dans RRRrrrr !!!

Oui oui, Le Grand Gérard Depardieu dans RRRrrrr !!!

Un film absurde :

On peu aisément qualifié ce film d’absurde. L’humour absurde est un genre qui apparaît surtout à la Télévision en Angleterre , sous l’impulsion d’artistes comme, Benny Hill (années 50/60) et les Monty Python (années 70), puis plus récemment  de Mister Bean. En France, Les Nuls, les Robins des Bois ou Albert Dupontel se réclament de leur influence.

Certains disent « c’est facile de faire un film absurde. Il suffit de faire n’importe quoi, de faire un film nul et de dire que c’est de l’absurde, et c’est bon !». Si j’étais de mauvaise foi, je pourrais répondre à ces gens-là que c’est facile de faire un film dramatique : Il suffit de montrer  des enfants malades un soir d’hiver en Tchétchénie, cherchant désespérément leur petit frère amputé d’un bras, et c’est bon !

Alors non, ce n’est pas si simple de faire un Drame, et non ce n’est pas si simple de faire un film absurde.

L’absurde c’est quoi ? C’est montrer quelque chose de totalement illogique ou hors contexte, et de le faire passer pour tout à fait normal. C’est le culte du non-sens, le « je ris mais je ne sais pas pourquoi ». Mais le réalisateur ne fait pas n’importe quoi, il prévoit le rire. Cet humour est en réalité beaucoup plus fin qu’il n’y parait.

Dans le film Sacré Graal des Monty Python, un chevalier se trompe sur sa propre couleur préférée (gag qui sera d’ailleurs repris plus tard par Jamel Debouzze sur Canal +) : c’est absurde, car ça ne peut pas arriver en vrai (sauf dans certaines émissions de télé-réalité dont je tairais le nom). En un mot : c’est surréaliste. Et dans RRRrrrr c’est pareil, lorsqu’un témoin du fameux crime explique qu’il a vu le « crimier » (le tueur) de dos, et que du coup pour qu’il l’identifie, on ne lui présente que des mecs de dos ! Ça ne s’explique pas, c’est juste drôle.

Et une mini-analyse pour finir…

La première moitié du film est très efficace. C’est là que nous découvrons le mode de vie des protagonistes, la naïveté des deux héros, et que les codes se mettent en place.

Mais c’est vrai que arrivé à moitié film, cela s’essouffle un peu car on a peut-être fait le tour. Toutefois, la fin du film est efficace elle aussi, et l’ensemble est donc plutôt une réussite.

Ce film est un pur divertissement. Et parfois cela fait du bien de rire simplement. Je pense que le cinéma à 2 buts : nourrir notre réflexion, mais aussi nous divertir. Et parfois, certains films ne remplissent qu’un des deux critères ; c’est le cas de RRRrrrr. Mais est-ce si grave que ça ? Je ne pense pas, si nous rions, c’est que l’objectif est atteint.

Alors bien sur, certains d’entre vous de rirons pas, et c’est sur ce point qu’il faut juger le film ; simplement « j’ai ris, j’ai aimé ce film » ou « je n’ai pas ris, je n’ai pas aimé », et ne pas s’embarrasser  du reste, car ce n’est pas le but.

RRRrrrr2

Je mettrais donc deux notes à ce film :

  • La note du cœur, parce que je suis fou de cet humour : 18/20.

Et puis une note plus objective, un joli 14/20

Par John Doe

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